XXXI NOTICE SUR GREVIN
c'est un catalogue de basses injures et de grossières insinuations. On ne le trouvera pas dans ce volume : Gré vin ne l'a pas avoué et il n'ajoute rien à son mérite1.
Ronsard a bien reconnu sous le masque les deux auteurs de la Response et du Temple. En 1564, il publie un Recueil de nouvelles Poésies, avec une Épître au lecteur « par laquelle succinctement l'autheur respond à ses calomniateurs.» Ronsard secoue «les deux compagnons» et «ce jeune drogueur, duquel la vie ne sera pas mauvaise descrite » (il retourne à Grévin le titre de son Temple). Il crie à Florent Chrestien.« Si tu as envie de faire le charlatan avec ton drogueur... «Ce fut toute sa réponse.
Bien d'autres flèches étaient venues tomber à ses pieds, « mille odes, mille sonnets et cent autres fatras. » Dans ces « fatras », une pièce mérite une mention, une certaine Réplique sur la Response faits par messire Pierre de Ronsard sur ce qui lui avoit été respondu sur les calomnies de ses Discours..., par D. M. Lescaldin (s. 1. 1563)2. Ona voulu y voir une collaboration de Florent Chrestien, de Chandieuet de Grévin3. — Et toujours la « calomnie ». C'était l'accusation qu'on se renvoyait d'un camp à l'autre, avec un peu plus de raison dans un camp que dans l'autre.
A propos du rôle de Grévin dans toute cette affaire, on a prononcé le mot d'ingratitude*. Il est peut-être injuste. L'oubli des amitiés pei"sonnelles, allant, s'il le faut, jusqu'à l'oubli des services reçus, deviendra, le cas échéant, un douloureux devoir de la conscience. Seulement, il y a la manière, et le Temple de Grévin fait regretter sa Gélodacrve.
1. Il a été recueilli dans l'éd. des œuvre5 de Ronsard par P. Blancliemain, Paris, 1857-1867, t. VII, pp. 88-94.
2. (B. Picot), Catalogue de la Bibliothèque James de Rothschild, u° 677 in fine.