NOTICE SUR G RÉ VIN XLIV
inédits deGrévin sur Rome1. Ces sonnets sont dédiés « à Madame de Savoie. » Ils sont très beaux; ils rappellent, quelquefois ils imitent les Antiquité de Du Bellay. Leur note originale, c'est l'inspiration calviniste. C'est l'explosion de colère d'un calviniste qui ne peut contenir son indignation en voyant les Romains « réduits honteusement sous le pouvoir d'un moine » (Pie V). Tout de même, il faut croire qu'on ne craignait pas trop de déplaire à la duchesse en lui parlant sur ce ton de la Rome des papes et du pape régnant.
Le 5 novembre 1570, Jacques Grévin mourut, à l'âge de trente-deux ans.
La duchesse fut inconsolable. De Thou a fourni à ce sujet des détails intéressants, répétés par Colletet. Je transcris la traduction de Teissier : « Elle se plaignit d'avoir perdu en même temps son médecin pour les maladies du corps et son consolateur pour les inquiétudes de l'esprit. Aussi lui fit-elle faire de magnifiques funérailles, et tandis que elle vécut, elle retint toujours auprès d'elle sa veuve et sa fille2, qu'elle avait nommée Marguerite-Emmanuelle3, et leur fit toutes sortes de grands avantages, afin de montrer par un bel exemple de reconnoissance et de gratitude qu'ayant aimé le mari, elle aimoit encore ses reliques en sa femme et en sa fille4. »
1. Ed. Tricote!, Variétés bibliographiques, Paris, 1863; (ouvrage tiré à 250 exemplaires numérotés), pp. 47-60. Cf. Mémoires-Journaux de Pierre de l'Estoile, édition... conforme aux manuscrits originaux... Paris, 1875 1896 (tirage à petit nombre), t. XI, p. 317-328.