Ronsard, Les Isles Fortunées
NOTICE SUR GÉÊVIN xil
car on faisait honneur aux bons vins de France, et, le soir, on rentrait à Paris, la tète un peu lourde, mais pleine de runes, et le cœur plein d'enthousiasme.
Avec tout cela, Grévin trouvait encore le temps d'être amoureux.
Dans cet entourage de Ronsard, un homme avait tous les titres à la sympathie de Grévin : c'était Charles Estienne, troisième fils de Henri Estienne, le célèbre imprimeur. Très instruit, comme tous les Estienne, imprimeur (nous dirions aujourd'hui éditeur) comme son père et ses frères, médecin comme Grévin, il était père d'une fille, Nicole, qui a inspiré à Grévin une vive passion et beaucoup de vers.
En 1560 l, Robert Estienne faisait paraître un petit volume intitulé : L'Olimfie de Jaques Grévin de Clermont en Beauvaisis. Ensemble les autres Œuvres poétiques dudict Auteur ... « L'Olimpe » c'est la retraite sacrée où Grévin se complaît quand il n'a pas affaire à la rue de la Bûcherie. « Olimpe », c'est Nicole. En donnant à celle qu'il chantait un nom de convention, le jeune soupirant se conformait à l'usage des poètes contemporains, et ce nom, moins bourgeois que celui de Nicole, lui fournissait une poétique équivoque qui était encore dans le goût du temps.
D'Olimpe vient ma Muse, Olimpe est le seul mont Où j'appris à toucher les cordes de la lyre...
Il fallait aussi une devise : tout poète avait la sienne. A l'imitation de Ronsard, Grévin adopte une devise grecque,
1. Au commencement ou, au plus tard, daHS la preruierc moitié de l'année : le privilège est du 25 novembre 1559.