SCÈNE III. — MARIE, seule
Loué soit Dieu, tout se contente :
Et qui plus est, le Trésorier Ne sera point mis prisonnier; J'en remercy' bien nos amis.
Encore plus il a promis Pardonner, dont je me contente, A Mademoiselle Constante, Et à moy aussi, promettant D'en faire encore demain autant, Cela s'entend : mais par ma foy, Je regarderay mieux à moy,
Et à mon cas d'orenavant, Que je n'ay faict par cy devant.
Ne vaudra-il pas mieux choisir, Afin de prendre mon plaisir, Quelque jeune homme, que tousjours Languir aux misères d'amours?
Si faict, pendant que la jeunesse Esmeut dans mon cœur l'allégresse Du doux amour, qui or' m'enlasse, Et duquel desja Boniface M'a faict sentir l'ébatement, Mais ce sera secrettement :
Car voylà, Ion n'est jamais sage Qu'après les plaits : c'est, c'est l'usage Du temps qui court, et pour vray dire, Ma maistresse veult tousjours rire Au premier venu, c'est tout un, Autant aux nobles qu'au commun :
Et en cela gist tant l'affaire De par dieu. Le Protenotaire Dont elle tiroit tant d'escuz, Maintenant n'y reviendra plus, Et voylà autant de praticque.
Estrangée de sa bouticque.
Mais il faut aller apprester Le banquet. De vous inviter Messeigneurs, j'auray bonne envie :
Mais, anenda, la compagnie Qui est céans mangeroit bien Le Trésorier et tout son bien34.
LES ESBAHIS35