ACTE QUATRIEME
Dans huit jours, le patron aura cédé.
ROUTOT.
Huit jours, c'est huit jours.
PARDIGON.
On peut bien attendre huit jours.
ROUTOT.
Hé I hé !
C'est-y que t'as pas vingt francs chez toi?
ROUTOT, embarrassé.
Oui, je les ai... certainement... je les ai...
PARDIGON.
Alors!...
PLUVINAGE.
Qu'est-ce que je dirai, moi, que ma femme est malade depuis trois moisi
ROUTOT.
Si il promet de placer Lecourcheux...
PARDIGON.
Alors, céder?
CHATEL
Enfin, il faut être juste. Le patron est pas un des plus mauvais. Il a fait bien des choses pour nous.
PARDIGON.
Pour nous?... pour lui, oui I
CUATEL.
Comment, pour lui?
PARDIGON.
Parbli u! Nous la connaissons, celle-là. Seulement, toi, on te ferait gober tout ce qu'on voudrait.
On me ferait gober rien du tout... Enfin, le patron...
PLUVINAGE.
Mais va donc lui lécher les bottes, au patron... Quand t'es devant lui, l'as l'air d'être son domestique.
GHATKL.
Moi, son domestique !
PLUVINAGE.
C'est vrai... tu le regardais... pendant qu'il fumait son cigare...
PARDIGON.
Il aurait bien pu nous en offrir un.
CHATEL
Tu ne sais pas ce que tu dis, Pluvinage. Je le regardais, c'est vrai ; mais veux-tu que je te dise pourquoi? Parce que j'avais envie de lui faire observer que c'était pas poli de fumer sans nous dire que nous pouvions en faire autant. Ah!...
PLUVINAGE.
Pfuu ! T'avais envie de lui dire!... Quand y sera rentré, s'il recommence, t'auras encore envie... et tu ne diras rien...
CHATEL
Non, je ne dirai rien, mais je tirerai ma pipe de ma poche et j'en bourrerai une.
PARDIGON.
J'te passerai des allumettes.
CHATEL
J'veux bien.
MANDOUL.
Avec tout ça, faut se décider.
PARDIGON,
Oui.