SCENE VIII
VALENTIN SALVIAT, seul, puis LANDRECY, PAULINE, GEORGETTE. Valentin Salviat, seul, se promène de long en large en réfléchissant profondément. Entrent Landrecy, Pauline et Georgette.
VALENTIN SALVIAT, à pleiUC VOIX.
Mon cher Landrecy, et toi, ma chère Pouline, regardez cette jeune fille. De nous tous, seule, elle a su faire la charité. Elle a donné plus que to.us les trésors : elle a donné son cœur aux malheureux. (A Georgette.) Et maintenant, je vais vous gronder, mon enfant. {Aux Landrecy.) Voilà une pauvre petite qui ne m'aime pas, qui n'a que de la répulsion pour le vieux barbon que je suis, et elle est venue ici m'offrir sa main parce qu'on lui a dit que si elle ne m'épousait pas, je partirais, que mon départ causerait votre ruine. Elle se sacrifierait non seulement à vous, mais aux pauvres, aux œuvres de charité. Elle sacrifiait sajeunesse, son bonheur, sa beauté, sa vie tout entière à je ne sais quelle fausse idée du devoir. Je ne veux pas de votre sacrifice, mon enfant, et je plains celui ou celle qui a été assez cruel pour vous le conseiller...
GEORGETTE, éclatant en sanglots et tombant sur une chaise.
Mon Dieu! Mon Dieul
PAULINE, à genoux près d'elle.
Jeté demande pardon, Georgette! Je te demande pardon!... [A son mari.) Oui, Robert, mon frère a dit vrai... c'est moi... c'est moi qui l'ai suppliée, qui l'ai poussée à cela. J'étais folle... Je vous demande pardon. La charité m'eut épanoui le cœur, Georgette, l'exercice de la bienfaisance me l'avait desséché.