‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 130 sur 311 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JEAN

RICHON

JEAN

BERTRY.

Mais, nom d'un petit bonhomme, je comprendrais si vous profitiez de la vie de Paris I

JEAN

Vous la trouvez gaie, vous?

BERTRY.

Si elle ne vous plaît pas, pourquoi refusez-vous de venir là-bas?... Vous auriez meilleur air qu'ici... Votre santé s'améliorerait, j'en réponds. N'est-ce pas, cher maître?

LE DOCTEUR

Evidemment. De plus, c'est très bien porté, maintenant, d'être gentilhomme terrien... On chasse, on monte à cheval... Ebreville n'est qu'à une petite heure de Dieppe.

Ça ne vous dit rien ?

JEAN

Pourquoi voulez-vous que je me donne ce tracas ?

KIGHON.

Pour sauvegarder votre fortune.

BERTRY.

Parbleu!...

JEAN

Oui... Vous avez raison, je sais que je devrais suivre vos conseils, mais je n'ai pas la force de le vouloir... Et puis, il me restera toujours assez pour vivre comme il convient... Alors, à quoi bon?

A quoi bon? C'est votre réponse à tout... Alors, à quoi

bon vivre ?

JEAN

Je luc le demande.

RICIION.

Vous vous rendrez malade.

JEAN

C'est fait.

RIGHO-N.

Très malade.

JEAN

Tant mieux !

BERTRY.

Eh bien! Elle est joyeuse, la jeunesse d'aujourd'hui. Vous êtes le dernier romantique, mon cher, et vous parlez comme un héros de Chateaubriand... Mais remuezvous donc, riez donc!

JEAN

Vous croyez que cela m'est possible ?

BERTRY.

Il n'y a qu'à vouloir.

RIGHON.

Si vous aviez confiance en votre guérison, vous guéririez.

JEAN

Je suis triste de naissance comme d'autres sont bossus... Ils auraient beau vouloir devenir droits, ils n'y parviendraient pas.

LE DOCTEUR

Vous voyez, mon cher Bichon, il n'y a rien à faire... Restez-vous quelques jours à Paris?

RICHON

Non. Je rentre ce soir. J'ai deux jeunes Ebrcvillois qui demandrnt o voir le jf^ur.

LE DOCTEUR

Vous serait-il agréable d'aller visiter ma clinique ?

RIGHON.

Avec grand plaisir.

LE DOCTEUR

Voici ma carte. Mon secrétaire, le docteur La Bcllcuse, vous servira de cicérone... Au revoir, mon bon Richon.

Salutaiions. Richon sort.

BERTRY.

Une voiture... C'est madame de Cattenières.

LE DOCTEUR

Je me sauve... Elle me demanderait une consultation... Reste là, Jean... et toi, préviens Lucienne.

Il sort.

JEAN, à Bertry.

Vous me laissez?... Restez un moment.

BERTRY.

Est-ce que vous avez peur d'être seul avec madame de Cattenières ?

JEAN

Presque.

Entre madame de Cattenières.

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