ACTE PREMIER
JEAN
RICHON
JEAN
BERTRY.
Mais, nom d'un petit bonhomme, je comprendrais si vous profitiez de la vie de Paris I
JEAN
Vous la trouvez gaie, vous?
BERTRY.
Si elle ne vous plaît pas, pourquoi refusez-vous de venir là-bas?... Vous auriez meilleur air qu'ici... Votre santé s'améliorerait, j'en réponds. N'est-ce pas, cher maître?
LE DOCTEUR
Evidemment. De plus, c'est très bien porté, maintenant, d'être gentilhomme terrien... On chasse, on monte à cheval... Ebreville n'est qu'à une petite heure de Dieppe.
Ça ne vous dit rien ?
JEAN
Pourquoi voulez-vous que je me donne ce tracas ?
KIGHON.
Pour sauvegarder votre fortune.
BERTRY.
Parbleu!...
JEAN
Oui... Vous avez raison, je sais que je devrais suivre vos conseils, mais je n'ai pas la force de le vouloir... Et puis, il me restera toujours assez pour vivre comme il convient... Alors, à quoi bon?
A quoi bon? C'est votre réponse à tout... Alors, à quoi
bon vivre ?
JEAN
Je luc le demande.
RICIION.
Vous vous rendrez malade.
JEAN
C'est fait.
RIGHO-N.
Très malade.
JEAN
Tant mieux !
BERTRY.
Eh bien! Elle est joyeuse, la jeunesse d'aujourd'hui. Vous êtes le dernier romantique, mon cher, et vous parlez comme un héros de Chateaubriand... Mais remuezvous donc, riez donc!
JEAN
Vous croyez que cela m'est possible ?
BERTRY.
Il n'y a qu'à vouloir.
RIGHON.
Si vous aviez confiance en votre guérison, vous guéririez.
JEAN
Je suis triste de naissance comme d'autres sont bossus... Ils auraient beau vouloir devenir droits, ils n'y parviendraient pas.
LE DOCTEUR
Vous voyez, mon cher Bichon, il n'y a rien à faire... Restez-vous quelques jours à Paris?
RICHON
Non. Je rentre ce soir. J'ai deux jeunes Ebrcvillois qui demandrnt o voir le jf^ur.
LE DOCTEUR
Vous serait-il agréable d'aller visiter ma clinique ?
RIGHON.
Avec grand plaisir.
LE DOCTEUR
Voici ma carte. Mon secrétaire, le docteur La Bcllcuse, vous servira de cicérone... Au revoir, mon bon Richon.
Salutaiions. Richon sort.
BERTRY.
Une voiture... C'est madame de Cattenières.
LE DOCTEUR
Je me sauve... Elle me demanderait une consultation... Reste là, Jean... et toi, préviens Lucienne.
Il sort.
JEAN, à Bertry.
Vous me laissez?... Restez un moment.
BERTRY.
Est-ce que vous avez peur d'être seul avec madame de Cattenières ?
JEAN
Presque.
Entre madame de Cattenières.