SCÈNE IV
JEAN, LUCIENNE, de temps à autre ROSALIE.
JEAN
Assieds-toi... dépéchons-nousl
H s'assied à gauche de la table, Lucienne de l'autre côté.
LUCIENNE, en s' asseyant.
Tu es encore pressé ?
JEAN
Je crois bien. Le père Ségard m'attend. [A Rosalie, qui verse le thé à Lucienne.) Dites qu'on attelle le boggy tout de suite.
ROSALIK.
Oui, monsieur.
Elle sort.
LUCIENNE
Si nous allions faire une promenade à cheval?
JEAN
Impossible, ma chérie.
LUCIENNE
Ah!...
JEAN
J'ai promis à Ségard... Tu comprends, le toit doit chuter su l'tétes d'I'eux éfants!... Puis je vais déjà perdre une journée lorsque les Grandpré viendront.
LUCIENNE
lis ont écrit. Ils ne viendront pas.
JEAN
Puisqu'ils ne viennent pas, j'en profiterai pour aller à Rouen, voir une moissonneuse-lieuse dont on m'a parlé.
LUCIENNE
Tu devrais te reposer.
JEAN
Me reposer! Mais c'est en m'occupantque je me repose! — Vois-tu! quand on veut toucher à la culture, on n'a pas une minute à soi... Et c'est si bon, d'être affairé, de se sentir vivre... On est heureux, on a faim... Ah! voilà Rosalie! {Entre Rosalie portant un bol de soupe.) Tiens, regarde si c'est appétissant... Et ça sent bon!
ROSALIE
Monsieur mange avec un cœur... {Un temps.) Quand on est bien fatigué, on met une demi-bouteille de vin làdedans... Je ne vous dis que ça!... Du bon vin, par exemple! {Jean et Lucienne rient.) Monsieur n'en veut pas?