ACTE DEUXIEME
LUCIENNE
PAUL
LUCIENNE
PAUL
Parce que vous n'êtes pas heureuse.
LUCIENNE
Mais...
Je le sais.
LUCIENNE
J'aime Jean... il m'aime.
PAUL
Oui, il vous aime... mais, pas assez... 11 s'occupe plus de ses fermiers que de vous... Lucienne! nous aurons tous les deux passé à côté du bonheur !
LUCIENNE
Tous les deux?
PAUL
Oui. Alice n'est pas la femme qu'il m'eût fallu. Ah ! si c'était à refaire ! Penser que je vous aimais tant !
LUCIENNE
Allons, mon ami, il ne faut plus parler du passé. Tout cela est fini et nous n'y pouvons rien... D'ailleurs, vous vous trompez. Je suis très heureuse avec Jean... car je suis trop raisonnable pour ne pas comprendre qu'il a autre chose à faire que de soupirer à mes pieds pendant toute la journée... Ne pensons plus à cela. Soyons camarades, bons camarades, si vous voulez... et parlons d'aulrc chose... de bicyclette.
PAUL
Non ! je veux vous dire...
LUCIENNE
Si VOUS ne voulez pas parler bicyclette, je m'en vais.
Soit... Interrogez...
LUCIENNE
Alors... c'est donc bien amusant, de monter sur ces machines-là?
PAUL
Oui. On a la sensation de la vitesse, d'une vitesse sans trépidation et dont on est le maître... Le vent vous souffle au visage : on boit trop d'air, on s'en grise, et c'est délicieux. [Allant à la bicyclette de madame de Maucoiir. Il se baisse.) Voyez-vous, c'est ceci qui a été brisé...
LUCIENNE, qui l'a suivi.
Ça doit être difficile de se tenir là-dessus?
PAUL
Pas du tout. Voulez-vous essayer ?
LUCIENNE
J'aurais tant envie de savoir...
PAUL
Essayez.
LUCIENNE
Non, je tomberais.
PAUL
Vous ne tomberez pas; je vous soutiendrai...
LUCIENNE
Si vous alliez me lâcher...
Mais non, mais non...
LUCIENNE
Et puis, il faudrait une robe comme celle d'Alice.