ACTE PREMIER
GATIALÈNA.
Bien, madame... «
Elle sort.
MADAME VAGRET, Sentant le paquet. A elle-même.
J'ai beau la bourrer do naphtaline, elle sera mangée aux vers avant que tu ne la mettes...
VAGRET.
Qu'est-ce que c'est?
MADAME VAGRET, posant le paquet sur la table et écartant
Venvelûppe.
Regarde.
VA^GRET.
Ah! oui... ma robe rouge... Celle que tu m'as achetée^^ d'avance il y a deux ans. '^'''^'^^
MADAME VAGRET.
Oui. Cette fois-là, c'est Gamard qui a été choisi à ta place.
VAGRET.
Qu'est-ce que tu veux? Gamard était le beau-frère d'un dé^iUé : il n'y a rienJi faiVêlçojQti^û ç^> il TaliTIBTen 'que le ministère s'assure jine^ajonté.
MADAME' TA.GRET.
Et dire que malgré toutes mes recherches, je n'ai pas pu seulement nous découvrir un cousin conseiller d'arrondissement !
VAGRET.
Tiens, cache ça... Ça me fait de la peine... {Il lui rend la robe qu'il a dépliée.) Elle ne m'irait peut-être plus maintenant...
MADAME VAGKET.
Oh I ça va à tout le monde, ces machines-là t
VAGKET.
Je vais voir.
7/ relire son habit.
MADAME VAGRET.
Et ça rapporte mille francs d(^plus par an I
f ^ VAGRET.
Elle n'est pas fanée. (A cemomenl, Bertha entre. Il cache sa robe rouge.) Qu'est-ce que c'est?
BERTUA.
C'est inoi.
Tu m'as fait peur.
BERTHA, apercevant la robe.
Tu es nommé ! Tu es nommé !
VAGRET.
Fiche-moi la paix. Va mettre le verrou I ■
BERTHA
Papa est nommé ?
MADAME VAGRET.
Fais 00 q;u'on te dit! Non, il n'est pas nommé.
VAGRET.
C'est vrai qu'elle est toute fraîche.
Il passe la robe.
MADAME VAGRET.
Tiens, parbleu ! J'avais pris la première qualité !
VAGRET.
Ah ! si j'avais ça sur le dos pour demander la tête de l'assassin d'Irissarry 1 On a beau dire, va ! celui qui a imaginé ce costume-là n'était pas un imbécile... Ce que "JZjça en impose au jury!... Et à l'accusé, donc! J'en ai vu un ' qui pendant toute une audience n'a pas quiltiî des yeux ^ la robe du ministère public... On se sent plus fort, làdessous, on a plus de prestance, le geste a plus d'ampleur... « Messieurs de la Cour, messieurs les jurés !... »