SCENE IV
MOUZON, MONDOUBLEAU.
MONDOUBLEAU.
M. Dclorme est un imbécile.
MOUZON, riant.
Ce n'est pas moi qui l'ai dit, mon cher député...
MONDOUBLEAU.
C'est admirable, cette faculté de divin^ltion que vous avez...
MOUZON
Admirable... non. Je vous assure...
MONDOUBLEAU.
Enfin, comment êtes-vous arrivé à soupçonner c(ît Etchc-
pare?...
MOUZON
II y a, vous le savez, monsieur le député, des grâces d'état. La recherche d'un coupable, c'est un art. Je veux dire qu'un bon juge d'instruction est moins guidé par les faits eux-mêmes que par une sorte d'inspiration.
' / MONDOUBLEAU.
/ C'est admirable. Je le répète, c'est admirable... Et ce témoin à décharge?
MOUZON
Ce doit être un faux témoin.
MONDOUBLEAU.
Qu'est-ce qui vous le fait croire?
MOUZON
Puisqu'il accuse.des bohémiens!... Il était, de plus, en relations d'affaires avec Etchepare. Les Basques, vous le savez, nous considèrent encore un peu comme des ennemis, comme des conquérants, et ils ne croient pas pécher en nous faisant un faux serment.
MONDOUBLEAU.
Alors, vous n'avez jamais voulu accepter l'hypothèse de votre prédécesseur...
MOUZON
Les vagabonds... les misérables!... Je sais quel est votre amour pour les humbles, monsieur le député, et j'ai pensé comme vous, en ne portant pas exclusivement mes soupçons sur desjnial.lieureux, des gens sans asile et sans pain. ■" -^-~. — -——___
Bravo! Je suis ravi de voir que non seulement vous êtes un juge habile, mais qu'encore vous professez des opi-
\ nions politiques qui sont les miennes...
^----.., MOUZON
TropTieureux...