SCÈNE PREMIÈRE
BENOIT, LA BOUZULE. Au lever du rideau, le greffier rassemble, dans une chemise de carton, différents papiers qu'il prend sur le bureau. Entre La Bouzule.
LA BOUZULE.
Bonjour, monsieur Benoît.
LE GREFFIER, hésitant à prendre la main que lui fend
La Bouzule. *
Monsieur le juge, c'est trop d'honneur...
LA BOUZULE.
Allez, allez, monsieur Benoit, serrez-moi la main... Depuis ce matin, je no suis plus magistrat :jaîa dignilé n'exige plus que je sois impoli avec mes^ inférieurs... Où en est-on de l'aflaire Etchepare ? ~^~"
f Y L'audience a été, jusfju'à présont, consacrée tout entière au ré([uisitoire et à la plaidoirie.
LA BOUZULE.
On finira aujourd'hui ? .
LE GREFFIER
Sûrement... Même si M. Vagrot répliquait, parce que M. le Président des assises va à la chasse demain matin.
LA BOUZULE.
Vous croyez à l'acquittement, monsieur Benoît?
LE GREFFIER
J'y crois, monsieur le juge.
Il est sur le point de sortir.
LA BOUZULE.
Qu'est-ce que c'est que cette vieille femme qui attend dans le couloir?
LE GREFFIER
C'est la mère d'Etchepare, monsieur juge.
LA BOUZULE.
Pauvre femme ! Elle doit être dans des transes inimaginables.
LE GREFFIER
Non pas. Elle est certaine du verdict. Elle n'a pas la plus légère inquiétude. Elle a passé là tout l'après-midi d'hier étoile est revenue ce matin, toutaussi tranquille... Seulement, aujourd'hui, elle voulait à toute force voir M. le procureur ou un substitut... M. Ardeuil est absent et M. Vagret...
LA BOUZULE.
Est à l'audience...
LE GREFFIER
Elle a paru très contrariée de ne pouvoir rencontrer personne...
LA BOUZULE.
Ehbieul faites-la donc venir, je lui donnerai peut-être