ACTE TROISIEME
LA BOUZULE.
La justice est gratuite, seulement les moyens d'arriver 4 IJu jusqu'à elle ne le sont pas, voilà tout. /^/ n
LA MÈRE
Et cela durerait?...
LA BOUZULE.
Si M. Claudetfait appel, cela peut durer deux ans...
LA MÈRE
Ce n'est pas possible!... Est-ce que je n'ai pas le bon droit pour moi, monsieur?
LA BOUZULE.
Ma pauvre dame, il ne suffit pas d'avoir le bon droit... ^ c'est le Code qu'il faut avoir pour soi.
LA MÈRE
Je comprends. Ce qu'on appelle la justice, nous autres, les pauvres, nous ne la connaissons que lorsqu'elle nous tombe dessus... par le mal qu'elle nous fait... Alors... nous partirons, nous irons n'importe où... D'abord, je ne regretterai pas le pays... on nous injurie sur les chemins... Etchepare ne supporterait pas cela...
LA BOUZULE.
Sur ce point, la loi vous protège. Déposez une plainte et l'on poursuivra ceux qui vous insultent...
LA MÈRE
Je ne crois pas... J'ai déjà déposé une plainte, comme vous """ dites... Seulement, celui qui nous causait du mal, on ne lui a rien fait... Alors, il continue.
C'est un homme de votre commune? ,| <\V
LA MERE
Oui. Un voisin, un ami de M. Mondoubleau, le députéA Labastide. /'
LA BOUZUI.E.
Bien... Je ferai mon possible, je vous le promets...
LA MÈRE
Je vous remercie, monsieur... {Un silence.) Alors, je vais aller attendre qu'on me rende mon enfant.
LA BOUZULE.
C'est cela...
Elle sort lentement.