SCENE II VAGRET, LE PRÉSIDENT DES ASSISES
LE PRÉSIDENT, retirant sa robe.
Mon cher procureur, je vous prierai de modérer vos paroles.
Ah! je vous jure que je les modère, mon cher président... Si je laissais parler mon cœur, voue entendriez des choses fort désagréables..,
LE PRÉSIDENT, eubrus de chemise.
Est-ce que vous oubliez à qui vous vous adressez? Je suis conseiller ^à la cour, monsieur le procureur de la République.
YAGRET.
Encore une fois, je ne parle pas que pour vous, monsieur. Les choses désagréables que je pourrais dire me condamneraient aussi. Je pense à ces pauvres gens...
LE PRÉSIDENT, brossunt SU robc.
Quels pauvres gens? Les accusés de tantôt?... Mais enfin, ils sont acquittés .. Qu'est-ce que vous voulez de plus... qu'on leur fasse des rentes?...
VAGRET.
Ils sont acquittés, c'est vrai, mais ils sont condamnés tout de même. Ils sont condamnés au malheur pour toute leur vie...
LE PRÉSIDENT
Qu'est-ce que vous racontez là?...
VAGRET.
Et par votre faute, monsieur le président.
LE PRÉSIDENT, s' arrêtant déplier sa robe. Par ma faute 1
VAGRET.
Ce qui est singulièrement grave, c'est que vous ne le sachiez pas, c'est que vous ne vous soyez pas aperçu du mal que vous avez fait...
LE PRÉSIDENT
Ouel mal? J'ai fait du mal, moi?
VAGRET.
Oui. Quand vous avez révélé à Etchepare que sa femme avait été jadis condamnée pour recel, et qu'elle avait été séduite avant qu'il ne l'épousât... Quand vous avez fait cela, vous avez fait une vilaine action...