SCENE II
PAULINE seule, puis LE DOMESTIQUE, puis FÉCIIAIN.
PAULINE, après avoir sonne, au domestique qui paraît au
fond.
Monsieur Salviat est-il rentré?
LE DOMESTIQUE
Oui, madame, il a dit que si madame désirait qu'il fût
présent lors de la réception des pauvres, madame n'aurait qu'à le faire demander.
On frappe.
Entrez. (Entre Féchain.) kh\ c'est vous... {Au domestique.) Prévenez monsieur Salviat que je l'attends. Le domestique sort.
FÉCHAIN, il est légèrement gris.
Bonjour, madame la présidente... Il n'est pas là, mon bienfaiteur?
PAULINE
Il va venir. Attendez.
FÉCHAIN.
Voulez-vous me permettre de m'asseoir?... Parce que,
je ne sais pas si c'est mes battements de cœur, mais je
vois tout tourner... Ainsi, vous, j'vous vois monter au
plafond et puis redescendre... Ça m'donne des étourdis-
sements...
PAULINE, étonnée.
Asseyez-vous donc. [A part.) Si je ne le connaissais pas comme je le connais, je jurerais qu'il est gris.
FÉCHAIN, s' asseyant tout près de la table.
Ecoutez... madame la présidente.
PAULINE
Mais vous sentez l'alcool!...
FÉCHAIN.
Ça doit être parce que je me suis frictionné avant de venir. J'étais souffrant... Et si ça n'avait pas été pour vous, savez, je me serais pas dérangé... Seulement, je vous ai entendue dire à l'autr' dame... que vous n'aviez qu'un régénéré à montrer à mou bienfaiteur, alors j'ai pas voulu que vous soyez l'bec dans l'eau.
PAULINE
Vous êtes ivre mon ami. Allez-vous-en.