SCENE IV
CHARLOTTE, ISABELLE, puis PHRASIE. Charlotte, d'abord surprise, se met à rire d'un rire d'enfant.
CHARLOTTE
Non, mais... crois-tu?... Crois-tu qu'il nous a remises à notre place!
J'en suis restée toute béte : je n'ai pas su quoi répondre. {Se décidant à rire.) Et il me souhaite des misères I En voilà un type!
CHARLOTTE
Tu ne vas pas te fâcher, au moins?
ISABELLE, sans aucune méchanceté.
D'après ce que tu m'avais dit, je le croyais plus amoureux de toi.
CUARLOTTE.
Tu peux être tranquille. Si tu l'avais vu, là, tout à l'heure, avant ton arrivée...
ISABELLE
Tu es certaine de son affection?
CHARLOTTE
Voyons I...
ISABELLE
Je t'assure que, moi, je ne permettrais pas au mien de me traiter de cette façon, — surtout devant quelqu'un. Fais attention de ne pas te tromper. Il est plus vieux que toi; il te doit des égards.
CHARLOTTE
Je n'ai jamais dit qu'il l'emporterait en paradis.
ISABELLE
Et, s'il est vrai qu'il a ri de toi avec le monsieur à la clef...
Tu as raison : quelqu'un qui ne me connaîtrait pas comme tu me connais pourrait croire qu'il ne fait aucun cas de moi.
ISABELLE
Dame.
CHARLOTTE
Tu comprends bien que j'ai autant de dignité que n'importe qui.
ISABELLE
Je le sais.
CHARLOTTE
Tu peux être certaine qu'il me le payera.
ISABELLE
Enlln, tu l'aimes, c'est ton affaire.
CHARLOTTE
Mais... A bien réfléchir... je ne sais pas si je l'aime tant que cela.