‹ Théâtre completChapitre 158 sur 241 · LOGERAIS, MADAME LOGERAIS · texte numérisé non relu

LOGERAIS, MADAME LOGERAIS

MADAME LOGERAIS

André n'est pas rentré?

Je ne l'ai pas vu.

MADAME LOGERAIS

Il est en retard... Il sait cependant que nous dînons en ville... Il avait oublié son portefeuille, je l'ai trouvé tantôt dans sa chambre... Tu ne regrettes rien?

LOGERAIS

A propos de Clémence Radety?

MADAME L O r; F. H A I S .

Oui. Tu sais qu'elle se marie. On me l'a dit tantôt.

LOGERAIS

Eh bien? Je ne regrette jamais ce que j'ai décidé et accompli.

MADAME LOGE «AI s.

Ça m'a fait quelque chose d'apprendre ce mariage... Elle me plaisait beaucoup, cette jeune fille. Et André l'aimait...

LOGERAIS

« Comme ou aime à vingt ans. »

MADAME LOGERAIS

Au fond, j'espérais encore que tu changerais d'avis... je pensais qu'André, qui est très renfermé, avait peutêtre encore la même alîection pour elle et qu'un jour... Alors, d'apprendre qu'elle en épouse un autre, que maintenant, c'est définitif... Enfin, j'ai comme un remords... Qui sait si tu n'as pas eu tort d'empêcher ce marioge? Quelque chose me dit que le bonheur d'André était là...

LOGERAIS

Pourquoi n'ajoutes-tu pas : « Et le coeur d'une mère ne se trompe jamais? >

MADAME LOGERAIS

En somme, tu as dirigé sa vie vers un chemin opposé à celui qu'il voulait prendre. 11 voulait être employé, commerçant : tu en as fait un avocat.

LOGERAIS

J'ai tenu à ce qu'il exerçât une profession libérale. Estce que ce n'est pas mon droit, mon droit absolu, de diriger sa vie I Je me demande quand se manifesterait la puissance paternelle, sinon au moment même où le choix décidera de toute l'existence de l'enfant. Hein?

MADAME LOGERAIS

Évideraïucût... du moment que...

Page 1