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ACTE PREMIER

lui gagner de l'argent pour lui assurer une existence heureuse. Cela vaut peut-être mieux que de le dorloter pendant son enfance et d'en faire un crève-la-faim pour toute sa vie.

MADAME LOGERAIS

Je crois que nous avons eu tort, mais d'après ce que tu dis, nous avons l'air d'avoir raison. On verra plus tard. Peut-être qu'il nous aimerait plus s'il ne nous avait jamais quittés.

LOGERAIS

Quand il comprendra, il nous rendra justice.

MADAME LOGERAIS

Moi, ce qui me désole, c'est de voir comme il manque de volonté.

LOGERAIS

J'en ai pour deux.

MADAME LOGERAIS

Nous ne serons pas toujours là.

LOGERAIS

Après nous la fin du monde.

MADAME LOGERAIS

Oh!

LOGERAIS

Je veux dire qu'il saura se débrouiller... Moi, ce qui me navre, c'est qu'il ait toujours l'air de porter le diable en terre... Ah! les jeunes gens d'aujourd'hui!... On dirait qu'ils n'ont qu'un souci : celui de ne pas casser leur devant de chemise... De mon temps... {Il aperçoit le portefeuille que madame Logerais avait posé sur le comptoir.) Qu'est-ce qu'il y a bien dans ce portefeuille d'un jeune homme de vingt ans!... C'est moi qui vais regarder... Il est des choses qu'une mère... Je te les raconterai, là... {Il ouvre le portefeuille et le flaire.) Non... Ou alors, c'est un parfum discret... Tu sais que plus je vais et plus je le

trouve à mon goût, mon ûls. Il ne lui manque que de se dégourdir un peu... Ça viendra... c'est peut-être déjà venu. [Il tire des cartes du portefeuille.) Sa carte d'étudiant... Une carte d'entrée à la Bibliothèque... Et dans ce coniparliment secret?... Une mèche de cheveux... Je ne veux pas y toucher. Regarde... Blonds... avec une date ; 23 novembre.

H. \ DAME LOUE I( AI. s.

C'est le jour de la fête de Clémence Radety.

LOGERAIS

Pauvre petit gosse... {Il ferme doucement le compartiment.) Et qu'est-ce qu'il y a sur les feuillets de notes... Les heures de ses cours... Voilà quelques lignes écrites tout récemment. Attends que je mette mon lorgnon... (// lit.) « Une pensée de Stendhal : Nos maîtres et nos parents sont nos premiers ennemis... »

MÂDA.ME LOâËKAIS.

Fais voir!... {Elle lit.) « Nos maîtres et nos parents sont nos premiers ennemis. t> {Ils se regardent sans rien dire. Coup de timbre.) C'est lui t

Entre André. — 23 ans. — Très correct.

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