SCENE II Les Mêmes, LÉONTINE
Bonjour, mes amis, bonjour André. {Poignée de main.) Bonjour, Marguerite. {Embrassades.) Eh bien... vous avez reçu la dépêche de Maurice?
ANDRÉ
A l'instant. Je suis consterné. Je me demande ce que j'ai fait!
LÉONTINE
Après vous l'avoir envoyée, Maurice a eu comme un remords de vous avoir annoncé cette mauvaise nouvelle aussi sèchement, aussi brutalement. Il est monté à la maison pour me conseiller de venir vous voir. J'espérais arriver avant son télégramme.
ANDRÉ
Mais qu'est-ce que j'ai fait?
MARGUERITE
Assieds-toi... tu vas nous donner des explications.
LÉONTINE
Je ne sais pas grand'cliose. Maurice m'a chargée de vous dire de ne pas vous décourager. {A André.) Il va continuer à s'occuper de vous. 11 vous engage, pendant ce temps-là, à reprendre les démarches que vous aviez commencées pour entrer dans un journal.
ANDRÉ
A quoi bon... Je ne réussirai pas... Depuis un mois, je fais l'impossible pour y arriver. J'en ai assez d'fiUer poser dans les antichambres et d'être un sujet de gaité pour les garçons de bureau qui reconnaissent à dix pas le littérateur affamé et évincé. J'ai été partout, partout!... Partout on est trop.
Maurice, de son c»Mé, ne restera pas inactif. 11 va s'informer dans d'autres administrations...
ANDRÉ
Dans les autres ailminislrations, il y a une queue de candidats pour un emploi de cent cinquante francs par mois, ils attendent depuis six mois, depuis un an, et tous