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ACTE TROISIEME

ANDRÉ, à Marguerite qu'on ne voit pas.

Te quitter!... Jamais! J'ai rabaissé mon orgueil. Je vais les supplier de venir à notre secours.

Il se retourne et se trouve en face de ses parents. Moment d'indécision.

MADAME LOGERAIS

Mon pauvre petit! Comme tu es maigre. Comme tu es ^changé...

ANuRÉ, sans cri, 7nais avec émotion.

Maman !

Baiser. Il va à son père et lui donne la main. LOGERAIS, un peu ému.

Allons, mon enfant, je suis content que tu sois venu spontanément me donner la main.

MADAME LOGERAIS

Il y a des parents qui te feraient des reproches, qui t'auraient oublié, abandonné. Nous, nous t'ouvrons nos bras... Est-ce que tu diras encore que nous sommes tes ennemis?

ANDRÉ

Non.

MADAME LOGERAIS

Allons ! Nous fêterons le retour de l'enfant prodigue.

ANDRÉ

Tu ne m'as pas compris, mère.

LOGERAIS

Tu ne veux pas rentrer à la maison?...

ANDRÉ

J'y veux rentrer avec ma femme...

LOGERAIS, triomphant, à madame Logerais.

Eh bien?... Eh bien?... Non, mais réponds... Qu'est-ce que je t'avais dit?... [H rit.) Les mots... les mêmes mots

que je t'avais annoncés... Je ne suis pas fâché, d'ailleurs, qu'il me donne raison aussi complètement... Tu es contente, n'est-ce pas... Tu as ce que tu voulais? Oui?... Alors, allons-nous-en.

MADAME LOGERAIS

Je croyais te ramener avec nous, mon enfant.

Je n'abandonnerai jamais Marguerite.

C'est entendu... Ne te fatiî^ue pas, nous connaissons le refrain... Il parait que tu trouves bon goût à la vache enragée... Manges-en, mon petit... Manges-en... Lorsque tu en auras une indigestion, tu reviendras au pot-au-feu de la famille.

ANDRÉ

Si vous voulez me revoir, vous me reverrez lorsque j'aurai épousé Marguerite.

LOGERAIS, toujours sur le point de partir. Ça ne sera pas demain.

ANDRÉ

Ce sera dans deux ans.

LOGERAIS

Tu crois?

ANDRÉ

Oui. Parce que dans deux ans, j'en aurai vingt-cinq... LOGERAIS, à sa femme.

Qu'est-ce que je te disais?... Non, mais, qu'est-ce que je te disais?... C'est admirable... Non I j'en suis moi-même surpris... moi-même!... Je croyais bien deviner ses réponses, mais à ce point-là, je suis forcé de reconnaître que... (Geste. A André.) Mon vieux, tu n'épouseras pas plus Marguerite dans deux ans que tu ne l'épouseras demain... Oui, oui, les actes respectueux... connu... ça n'est pas pour toi, ces plaisanteries-là.

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