‹ Théâtre completChapitre 64 sur 241 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

toufles, la nuit, il est monté dans ma chambre et il m'a dit : si tu cries je te flanque à la porte... alors...

LE DOCTEUR

Non... Prends ton histoire seulement à partir du moment où tu as été sans place.

LA FILLE

Ben, si vous croyez que c'est ça qui va faire rigoler monsieur.

LE DOCTEUR

Va toujours. Raconte ce que tu fais maintenant.

LA FILLE

Je me soigne.

LE DOCTEUR

Avant de te soigner ?

LA FILLE

Je faisais mon cinq heures sur les boulevards.

LE DOCTEUR

Comment?... va... 'parle... monsieur est de la province.

LA FILLE

C'est vrai... Je ne peux jamais me figurer qu'il y a quelqu'un qui ne sache pas ça... Voilà... Je fais la petite ouvrière... en toilette très, très simple... des frusques exprès pour ça... j'ai un petit paquet dans une serviette noire... je marche le long des boutiques... Ça, c'est fatigant, parce que, pour bien le faire, il faut aller vite... Puis je m'arrête à la devanture d'un magasin... Neuf fois sur dix, ça y est. Ce qu'il y a de rigolo, par exemple, c'est que les hommes, on croirait qu'ils se sont donné le mot pour la manière de vous aborder... Ils ont deux phrases... Ils ne sortent pas de là... C'est ou : « Vous allez bien vite, mademoiselle », ou bien : « Vous n'avez pas peur, toute seule? » Ça ou autre chose, on sait bien ce que ça veut dire, n'est-ce pas? Ou bien encore, je me mets en « jeune

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