SCENE PREMIERE
CHARLOTTE, BROCHOT, puis PIERRE. Au lever durideau, Brochot écrit au bureau de droite. Charlotte, debout, essuie ses yeux. Pierre entre par la gauche {chapeau, pardessus, canne, serviette). Charlotte lui fait signe de se taire. Brochot se retourne. Les deux hommes échangent un léger salut. Pierre retire son pardessus et va le porter avec sa canne et son chapeau dans la chambre du fond. Jl revient aussitôt. Il a laissé sa sei-viette sur la table. Il porte un ruban violet à la boutonnière.
BROCHOT, grave.
Voilà, madame. J'ai tout lieu de penser que si vous exé-
cutez ponctuellement cette ordonnance, le pauvre petit sera sauvé.
PIERRE, étouffant un rire en retirant des livres de sa serviette.
Pfftl
CHARLOTTE
Qu'est-ce que tu as !
PIERRE
Rien.
Il s'assied sur le bord de la table.
CUARLOTTE.
D'abord, je t'ai déjà fait remarquer que les tables ne sont pas faites pour s'asseoir.
PIERRE
Bien.
Il se déplace.
CHARLOTTE, à BrOCflOt.
Je vous demande pardon.
BROCIIOT.
Vous lui donnerez matin et soir une cuillerée à café de cette potion.
CHARLOTTE
Je vais aller la commander tout à l'heure. Alors, c'est grave ?
BROCUOT.
Assez grave.
CHARLOTTE
Mon Dieu!
Petit sanglot.
BROCHOT.
Veillez bien à ce qu'il n'attrape pas froid.
!■ I K R H E , gouailleur.
On pourrait l'envoyer dans le Midi.