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SCÈNE II

LUS MÊMES, BOUSSORO, TOÏILO, LE ROI

TOUMODI, réveillé en sursaut, reconnaissant Boussoio, l'ofricier qui conduit la surprise.

Comment, c'est toi, camarade ?

BOUSSORO, l'empoignant.

Prisonnier I

TOUMODI

Quelle plaisanterie?... C'est stupide ! (Pendant que

•'échangent ces brèves réparties, le roi, bel homme drjpé dans un inonteau rouge, qui assiste à l'assaut en spectateur souriant, va s'adosser à l'arbre qui ombrage la source, et c'est devant lui qu'on traîne les captifs. Il lea accueille les bras croisés, l'air ironique.)

LE ROI, à Kigérik.

Eh bien, mon ami, tu n'es pas difficile à surprendre ! Mes compliments sur la manière dont tu diriges tes hommes. Et lu voulais venir à la guerre! Commander un corps d'armée!... Etre le premier de mes généraux !... Allons, mon général,

venez embrasser votre père... (Kigérik s'exécute de mauvaise grâce et embrasse gauchement le roi.) Quaut à CCS piètPCS

soldats qui dorment au lieu de veiller sur leur prince, qu'on les traite comme de véritables prisonniers.

BOUSSORO

Votre Majesté songe-t-elle à ce que nous en faisions là-bas, des prisonniers ?

LE ROI, simplement.

De la pâtée pour les chiens.

KIGÉRIK

Mon père, c'est moi qui ai donné à ces hommes l'ordre formel de se reposer...

LE ROI, à Bousscro.

Viu on m obéisse ! (Boussoro emmène les prisonniers à l'exception de Agloo et Toumodi qui restent comme amis du prince. A Ki-

gérik.) Je suis Certain qu'à l'avenir, lorsque tu feras la sieste en campagne, il sera très dangereux de

venir troubler ton repos. (On entend sortir de la forêt quelques cris vite étouiTés.) Et Ics soldats morts pour perfectionner l'éducation de leur prince, auront mieux servi la patrie que s'ils étaient tombés sur le champ de bataille. Qu'est-ce que tu marmottes entre tes dents, Totilo ?

TOTILO

Que Votre Majesté est peut-être encore plus sublime quand elle gouverne, que lorsqu'elle combat.

LE ROI

Tu as de la chance, vieux courtisan, de ne pas être chargé de l'instruction militaire de mon fils. C'est à tes dépens que je lui enseignerais la prudence.(Jetant les yeux sur le visage renfrogné de Kigérik.) VoyonS, mon garçon, que signifie une figure pareille ? Ton père a détruit tout un peuple, il revient couvert de gloire, et tu ne trouves rien à lui dire ?

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