‹ Théâtre completChapitre 113 sur 190 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Mon chef prévient Votre Majesté qu'elle peut se mettre en route. L'armée est passée tout entière.

LE ROI, riant.

Allons, il faut prendre congé de la reine des bois.

BOUSSORO, montrant la sauvagesse.

Qu'en ferons-nous? (Désignant le bûcheron.) Puis-je la laisser à ce brave homme?

LE BUCHERON, an roi.

Oh 1 oui, puissant Seigneur, permettez que je la garde pour la promener de village en village. Je ne manque jamais de le faire avec les ours que je capture. Les habitants donnent tous quelque chose : des fruits, des œufs, quelquefois même la p' ule...

On gag^e ainsi de bonnes journées jusqu'à ce que ranimai crève.

LE ROI

Je te la donnerais volontiers, mais je viens de déclarer, que les sauvagfes constituent un gibier royal réservé à moi et aux miens... C'est un principe absolu que je violerais d'une façon déplorable si je te permettais d'emmener ta prise. (A Boussoro.) Qu'on la pende immédiatement à cet arbre.

PAUL

Roi, fais m'en cadeau... Tu ne violeras aucun principe, puisqu'en qualité d'bôte, j'appartiens à t maison et tu m'obligeras.

LB ROI

Accordé 1... Quelle singulière fantaisie!... Est-ce que tu comptas l'emmener en Europe ?

PAUL

Certainement, si cela doit lui sauver la vie.

LE ROI

L'aventure m'amuse I Elle et toi vous formerez un couple remarquable. Appareiller l'extrême civilisation avec la plus noire sauvagerie, cela ne se voit pas tous les jours.

RIGÉRIK

En attendant ton départ nous l'enfermerons avec

ACTB I SSl

mon orang-outang apprivoisé, si vicieux et si malpropre.

PAUL, riant.

Voilà, Prince, une attention délicate!... Ils ne s'embêteront pas ensemble I...

RIDEAU

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