‹ Théâtre completChapitre 115 sur 190 · PAUL, JEAN JEAN · texte numérisé non relu

PAUL, JEAN JEAN

Je me reproche vraiment mon indiscrétion. Vous restez des années sans voir votre sœur et je viens me fourrer entre vous, pendant les courts instants que vous passerez avec elle.

PAUL

Soyez sans crainte, vous ne troublerez pas nos épanchements. C'est précisément lorsqu'on se voit rarement qu'on n'a rien à se dire. Ma sœur prie pour ma conversion : c'est ce qui la rattache le plus étroitement à moi.

JEAN

Je puis donc me livrer sans remords au p]r)!,:lr

d'affronter votre terrible prisonnière. Car on court des dangers avec elle !... Vous m'avez raconté qie, sur le navire qui vous a ramenés en Europe, elle poursuivait les matelots et trouvait le moyen de se faire aimer de gré ou de force...

PAUL

Oui, la diablesse!... Elle n'admettait pas la froideur 1...

JEAN, souriant.

La froideur d'un matelot en pleine mer !..

N'est que jeu innocent auprès des furies amoureuses de ma sauvageonne... Vers l'âge de douze ans ces filles de la nature deviennent d'âpres chercheuses de mâles...

JEAN

Parbleu, avec Adam, c'est Eve qui a commencé 1

PAUL

Oui, la plus ancienne des sauvagesses a ouvert la danse et ses héritières ont emboîté le pas. Leurs instincts sont toujours en éveil sans qu'aucune pudeur les contienne, et quand on les soumet à un célibat un peu prolongé...

Même sans l'excuse du célibat, j'ai connu pas mal de petites femmes très civilisées qui savaient joliment se faire servir!...

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