ACTE II V
PAUL, d'un Ion d'amicale g rondcrle.
Qu'est-ce que j'entends ?...
MARIE) plaintivement
Non, pas heureuse I...
PAUL
Tu l'étais davantage là-bas, dans les montagnes? (Elle fait signe que oui.) Pourtant tu avais froid, tu ne mangeais pas toujours à ta faim... Qu'est-ce que tu
regrettes?... (immobile, elle regarde fixement le vide.) Quels
yeux!... Te voilà toute changée!... As-tu mal? (il
lui passe affectueusement la main sur le front.) Mais Oui, elle a le
front brûlant !... Donne-moi tes mains !... (il les presse
et les réchauffe longuement dans les siennes.) EllcS SOUt glaCCeS ! (Marie, les yeux remplis de sombre angoisse, la poitrine gonflée, les coudes en arrière, approche sa figure tout contre celle de Paul, san» d'ailleurs chercher à l'embrasser. .\vec douceur Paul tâche de la maintenir à distance.) Es-tu follc ?... (Elle revient avec un acharnement silencieux appliquer sa personne contre celle de Paul qui la repousse avec violence.) Marie!... C'cst très mal!... Mère Amélie le saura!... Tout le couvent!... Quelle honte !... (S'cxaspérant.) Sur Ic uavirc je t'ai fait donner des coups de corde; on te triquera encore s'il le
faut ! (Marie, luttant avec Paul, a reculé jusque devant la chapelle; là, pendant un instant où le combat se poursuit en silence, retentissent trois coups également espacés, frappés de l'extérieur sur la porte de la chapelle. Marie s'arrête comme foudroyée, se retourne, regarde cette porte et tombe prosternée le front sur le parquet. Paul à lui-même.) Sœur Monique !... (Un silence. Paul écoute ce qui se passe dans la chapelle.) Elle doit être partie I (il onvre tonte grande la porte
de la chapelle.) Regarde, Marie, il n'y avait personne que Dieu qui te voyait!... Va lui demander pardon 1...
(Rampante et les yeux fixés sur l'autel, Marie se traîne dans la chapelle.
Paul tandi» qu'elle s'éioïgne.) Ah 1 pauvrc humanité qui ne
monte ou en rampant ! (Quelques secondes après, entrent Jean et Mère Amélit, à laquelle Paul montre Marie qu'on devine prosternée
devant l'autel.) Sœur Monlque est partie. J'ai envoyé Marie prendre sa place, comme tu me l'avais recommandé.
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