ACTE y n
MIHEMONT, à Boui.«ard.
Vous n'avez pas eu la main heureuse. Si vous m'aviez consulté, ce Fidry ne serait pas entré chez vous. Il a eu deux condamnations pour braconnage.
ROBERT
On craint qu'il ne soit resté au fond. Paraît qu'hier matin il avait emporté dans la mine un litre d'eau-de-vie. La journée finie, il était si saoul qu'il n'a pu grimper aux échelles avec les camarades.
Qui l'auront laissé là, plutôt que de le faire enlever par la machine? Ils savent que je renvoie impitoyablement les ivrognes.
ROBERT
La dernière fois qu'on l'a vu, il dormait sur un tas de minerai... S'il n'est pas remonté le soir avant qu'on n'ait lâché l'eau, je ne donnerais pas un liard
de sa peau. (Jean m gUsse vcrg la porte et guette nne occaiion de
(ii^tparaltre.)
GEORGES
A supposer qu'il soit au fond, rien ne prouve qu*il ait péri. Plusieurs galeries vont en montanL On trouvera notre ivrogne réfugié au sec. D'abord êtes-vous sûr qu'il n'est pas tranquillement chez lui?
ROBERT
J'ai parlé à sa fille : l'homme n'est pas rentré.
GEORGES
Cela devient grave pour l'apache qui a ouvert la vanne. La gendarmerie est-elle prévenue?
ROBERT, haussant les épaules.
Oui, le brigadier s'agite... Ces coups-là, ceux qui les font ne risquent pas grand'chose... (Au mot gendarmerie, Jean a ouvert la porte. Au moment où il s'esquive, Louise l'aperçoit.)
Jean, où vas-tu ?
A la maison.
JEAN
LOUISE
Tu n'as donc pas envie de savoir ce qu'est devenu ce pauvre homme ?... (Jean baissela tête et retourne dans son coin.)
GEORGES, à Louise.
J'ai peur que nous ne le sachions pas de sitôt... Nous ne sommes pas près de descendre dans la mine.
ROBERT
Justement j'apporte la nouvelle qu'on va pouvoir descendre. Tout à l'heure les pompes marchaient en plein et l'eau n'avait encore baissé que de soixante mètres, lorsqu'elle a tout à coup cessé de venir. On était arrivé sur une espèce de bouchon qui obstruait complètement le puits. J'ai immédiatement dégringolé par les échelles, et voici ce que i'ai constaté : sous l'action de l'eau, les parois se