ACTE U
Rome , à qui je médite une fameuse époque ,
Rome , à qui je promets , si j'arrive au pouvoir,
Des grandeurs que tes rois n'oseraient concevoir I
Quand il sera besoin , à tes destins prospères
J'offrirai tout le sang que je tiens de mes pères ;
J'offre ma patience en attendant. Reçois
Cette libation des affronts que je bois.
— D'ailleurs je suis plus fort contre le vieil outrage.
Aux pleurs de la pitié j'ai trempé mon courage ;
Cette source , nouvelle à mon front étonné ,
A lavé sa souillure et l'a rasséréné.
Je m'apprivoise au lit de fange où je me vautre ,
Je ne vois mes affronts que comme ceux d'un autre ,
£t j'ai besoin tantôt , non pas de me dompter,
Mais de me battre exprès les flancs pour m'irriter.
Oh ! qu'un mot bienveillant apaise de colère
Au cœur d'un malheureux 1