‹ Théâtre completChapitre 17 sur 252 · ACTE U · texte numérisé non relu

ACTE U

Rome , à qui je médite une fameuse époque ,

Rome , à qui je promets , si j'arrive au pouvoir,

Des grandeurs que tes rois n'oseraient concevoir I

Quand il sera besoin , à tes destins prospères

J'offrirai tout le sang que je tiens de mes pères ;

J'offre ma patience en attendant. Reçois

Cette libation des affronts que je bois.

— D'ailleurs je suis plus fort contre le vieil outrage.

Aux pleurs de la pitié j'ai trempé mon courage ;

Cette source , nouvelle à mon front étonné ,

A lavé sa souillure et l'a rasséréné.

Je m'apprivoise au lit de fange où je me vautre ,

Je ne vois mes affronts que comme ceux d'un autre ,

£t j'ai besoin tantôt , non pas de me dompter,

Mais de me battre exprès les flancs pour m'irriter.

Oh ! qu'un mot bienveillant apaise de colère

Au cœur d'un malheureux 1

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