ACTE III. Î
BARBAROUX
Et moi que 4evien(lrai-je ! — Âh ! qu'est-ce que j 'entend} Vous partez !
GHAELOTTB.
Il le faut.
BARBAROUX
Pourquoi partir si vite?
11 sera temps plus tard de songer à la fuite.
CHARLOTTE
Ne me combattez pas ; c'est un point résolu , Et tout raisonnement y serait superflu.
— Barbaroux ! votre cœur est rempli d'amertume ; Je vous trouve plus triste encor que de coutume ; Ce m*est un vrai chagrin de vous laisser ainsi. Pourtant par l'amitié tout peut être adouci ,
Et je n'ai pas voulu vous quitter sans vous dire Une bonne parole où Tamitié respire.
Sans doute votre esprit , un moment abattu , Dans l'amour du pays reprendra sa vertu ; Mais si ce n'est assez , et s'il faut vous apprendre Que quelqu'un prend à vous l'intérêt le plus tendre , Si mon estime , ayant à vos yeux quelque prix , Peut vous encourager à braver les mépris , Sachez que vous avez une sœur qui vous aime, Et soyez toujours ferme et digne de vous-même.
— Adieu donc ! •
EUe lui teod U main.
BARBAROUX, tenant la main de Charlotte.
Adieu donc , roman évanoui î Dans un rayon du soir beau rêve épanoui !
Adieu bonheur ! — Saurai-je au moins ce que vous faites, Et comment vous vivez , et dans quel lieu vous êtes?
CHARLOTTE
Vous saurez , Barbaroux , tout ce que je ferai.
BARBAROUX
Et qui m'en instruira?
CHARLOTTE
Moi. Je vous écrirai.
Charlotte sort à droite arec la serrante. — Barbaroux, après l'atoir suirle des yeux, va rejoindre les Girondins. — La Marseillaise éclate de noureau.