‹ Théâtre completChapitre 2 sur 252 · ESCLAVES · texte numérisé non relu

ESCLAVES

LUCRÈCE , k une de ses esclaves.

Lève-toi , Laodice , et va puiser dans l'urne L'huile qui doit brûler dans la lampe nocturne. Les heures du repos viendront un peu plus tard. La nuit n'a pas encor fourni son premier quart , Et je veux achever de filer cette laine , Avant d'éteindre enfin la lampe deux fois pleine.

Laodice se lève, et va chercher de l'huile qu'elle verse dans la lampe.

LA NOURRICE

Lucrèce , écoutez-moi ; car vous n*oubliez pas Que je vous ai longtemps portée entre mes bras : Votre mère mourut quand vous veniez de naître ; Je vous donnai mon lait sur l'ordre de mon maître ; Je ne vous quittai plus ; je bénis le destin Lorsqu'il vous fit entrer au lit de CoUatin ; C'est pourquoi laissez-moi parler. — Que vos esclaves Filent pour votre époux les robes laticlaves ; Je les ferai veiller jusqu'au chant de l'oiseau De qui là voix sacrée annonce un jour nouveau. Mais vous , ma chère enfant , suspendez votre tâche : Vous la reprendrez mieux après quelque relâche. FauUl donc que vos yeux s'usent , toujours baissés , A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez? Pourquoi vous imposte tant de pénibles veilles ? Cherchez à vous distraire ; imitez vos pareilles ; Et que , de temps en temps , des danses , des concerts , Ramènent la gaîté dans vos foyers déserts.

Quand mon mari combat en bon soldat de Rome , Je dois agir en femme ainsi qu'il fait en homme. Nourrice , nous avons tous les deux notre emploi : Lui , les armes en main , doit défendre son roi ; Il doit montrer l'exemple aux soldats qu'il commande ; Mon devoir est' égal , si ma tâche est moins grande. Moi , je commande ici , comme lui dans son camp , Et ma vertu doit être au niveau de mon rang.

La vertu que choisit la mère de famille ,

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