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ACTE IV

MARAT

Deux Dumouriez I — Pourquoi N'extermine-t-on pas la famille du roi?

DANTON

Des femmes !

MARAT

Que fait-on , l'échafaud les demande , — De Vergniaud , de Brissot , et de toute leur bande ?

DANTON

Des représentants !

MARAT

Non ; des rebelles , morbleu !

Barbaroux , leur ami , met l'occident en feu. Plus d'une fois déjà j'ai demandé leurs têtes ; Mais la Convention ne lit pas mes requêtes.

On me croit moribond , n'est-il pas vrai? — Tout beau , Messieurs ! ne pleurez pas déjà sur mon tombeau.

Il Ta rers la table, et j prend nne lettre.

Cette troisième lettre est aux autres pareille ; Si la Convention fait encor sourde oreille , Malade , frissonnant , fiévreux , je me ferai Porter à la tribune , et je vous la lirai.

Pour toi , Danton , j'aurai l'œil sur tes défaillances. Ami de Dumouriez , veille à tes alliances.

Je ne sais par quel Dieu son bras fut désarmé ; Mais Achille a paru bien mou , le trente-un mai. Adversaire courtois , sous une forme rude ,

330 GHARLOTTE GORDAY.

Tu frappais la Gironde avec mansuétude ; Tu regrettais de vaincre et de coupeV les fleurs Dont s'émaillait Tesprit de ces jolis parleurs , Si bien que , débutant par des coups de tonnerre , L'orage s'épuisait on fracas débonnaire.

La haine est pour ton cœur un fardeau trop pesant? Tant pis ! — Il faut haïr un parti malfaisant. L'indulgence est un jeu plus brillant, je l'avoue; Mais un jeu dangereux pour celui qui le joue.

Il Ta s'asseoir rers la chemioëe.

DANTON*, qui Ta étooM , les bras croisés.

Fais ce que tu voudras ^ pardieu ! — Je suis dressé

A menacer, et non à me voir menacé.

Je m'appelle Danton. — Vois-tu cette main large

Qui broie un trône et lance un peuple au pas de charge I

Ne la trouves-tu pas assez forte , dis-moi ,

Pour t'écraser toi-même en s' abattant sur toi?

— Va , ma tète est solide encor sur mon épaule ;

La révolution tourne autour de ce pôle.

Trouve un autre Danton, si tu peux. — Jusque-là

Regarde avec respect la tête que voilà.

Écoute : je suis frafic , ne craignant rien au monde ; J'ai voulu, comme vous, terrasser la Gironde. Si j'avais appuyé ceux que j'ai combattus , Ils seraient les vainqueurs , vous seriez les battus. J'ai voulu leur défaite et ne veux pas leurs têtes ; Us sont représentants aussi bien que vous l'êtes ;

1 Marat assis à gauche, Danton, debout au milieu de la scène, Robespierre assis à droite.

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