ACTE V
DANTON
Le poignard de Brutus chargea ces mains débiles !
CHARLOTTE
Cette voix déchaîna les tempêtes civiles I
DANTON, se rapprochant encore de Charlotte.
Vous avez une grâcp à demander?
CHARLOTTE, prenant deux lettres sur la table , et les présentant à Danton.
Voici Deux lettres que je viens d*écrire : celle-ci , Pour Barbaroux ; cette autre est pour ma vieille aïeule. Oft peut lire; on verra que j'ai conspiré seule.
— J'attends du comité , généreux envers moi , Qu'il daigne , après ma mort , en permettre l'envoi.
DANTON, prenant les lettres.
Donnez; et fiez-vous, sans crainte, à ma promesse. Toutes deux , je le jure , iront à leur adresse.
— J'étais au tribunal , et j'ai tout entendu , Charlotte. Vous avez fièrement répondu.
J'ai désiré vous voir ; j'ai pensé que peut-être Vous auriez quelque envie aussi de me connaître. Nous devons nous comprendre. — Enfin , je vous le dis,
Charlotte fait un mouTement.
Vous m'avez remué ; j'aime les gens hardis. — S'il est une faveur qui d'un homme dépende , Vous pouvez , ô Charlotte , en faire la demande : Que je perde mon nom , si l'on n'y fait pas droit !
CHARLOTTE
J'accepte , et je demande une réponse.
DANTON
Soit.
CHARLOTTE
Que font les Girondins dont j'ai servi la cause? — Sont-ils victorieux?
DANTON
Demandez autre chose.
CHARLOTTE
Répondez! c'est promis. — Sommes-nous vainqueurs?
DANTON
Non.
Vos amis ont été vaincus près de Vemon.
CHARLOTTE
Dieu ! — Mais on pourra recommencer la lutte ?
DANTON
C'en est tait : cet échec a consommé leur chute.
CHARLOTTE, après un silence.
Encore un mot , Danton. — Quel est l'effet produit Par la mort de Marat?
DANTON
Entendez-vous ce bruit?