‹ Théâtre completChapitre 80 sur 252 · PHILIPPE- AUGUSTE, GUILLAUME-DES- BARRES, ROBERT D'ALENÇON · texte numérisé non relu

PHILIPPE- AUGUSTE, GUILLAUME-DES- BARRES, ROBERT D'ALENÇON

GUILLAUME

Voici Robert , le comte d'Alençon.

PHILIPPE

Comte , je- vous sais gré d'honorer ma maison.

C'est généreux à vous. — Par le temps où nous sommes ,

Nous ne recevons pas souvent des gentilshommes

130 AGNES DE MERANIE.

ROBERT

Dieu vous garde , Seigneur ! — Sachez que mon dessein N'est pas de relever du roi Jean l'assassin ; Que je vous offre, à vous, comme au seigneur que j'aime, Ma ville d' Alençon , mes hommes , et moi-même ; Qu'il est d'autres barons qui pensent comme moi ; Et que si voulez nous aider, seigneur Roi , Vous pouvez , au moyen d'une marche hardie , Conquérir d'un seul coup toute la Normandie.

La Normandie à moi!... Guillaume! tu l'entends l Nous aurions eu l'appui des barons mécontents 1

ROBERT

Eh bien, Seigneur?

PHILIPPE

Eh bien ! — Dieu confonde le pape ! — Au moment d'être à moi, voilà qu'elle m'échappe ! — Ah ! ce que vous m'offrez trop tard , sire Robert , Je n'ai pas attendu que vous l'eussiez offert , Et le mois précédent m'a vu prêt à conduire Le ban de mes vassaux contre Jean, votre sire ; Mais, lorsque nous partions, un moine est survenu , Un moine, un homme en froc , tête rase et pied nu ; Il *a dit quelques mots ; — et, devant ses paroles , Glaives retentissants , flottantes banderoles , Casques et boucliers, dont l'œil est ébloui , Chevaliers, gens de pied , tout s'est évanoui.

Page 1