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FAYILLA, ANSELME, JULIETTE, KELLER, HERMAN

HE RM AN, vivement.

Est-ce vrai, ce que dit lasignora Marianne?...

- - Juliette s'efface et cache sa douleur, Favilla l'observe. KELLER.

Non ! ça ne se peut pas !... vous ne vous en irez pas comme ça! Dirait-on pas que je vous chasse? Pour qui me prenezvous donc?

ANSELME, à Relier.

Pour un hôte honorable que nous remercions sincèrement; mais, de grâce, monsieur, n'insistez pas... laissez-nous profiter d'un moment...

KELLER

Si fait, j'insiste! Voyons, maître Favilla...

ANSELME

Mon père, veuillez donc dire que vous êtes décidé...

FAVILLA, qui ne fait attention qu'à Juliette.

Ne me demande rien! regarde! Qu'a donc Juliette ?

ANSELME

Mais rien ! rien du tout, mon père!

FAVILLA

Mais si, je te dis! Oh! je voisclair aujourd'hui, j'observe... Juliette ! (Juliette tressaille et se retourne vers lui.) Je te croyais heureuse de suivre ton frère, et voilà que tu regrettes quelque chose ou quelquua!

HE RM AN, avec joiC:, à part.

Quelqu'un?... Ôh! mcnDieu! si c'était...

ANSELME, sévèrement.

Taisez-vous, monsieur !

KELLER, à son fils, avec lionlé.

Eh! oui, tais-toi donc!

FAVILLA, à Herman.

Oui, tais-toi, Herman ! j'ai compris.

JULIETTE, éperdue, dans les bras de son père. Oh! ne croyez pas...

FAVILLA, avec une douceur paternelle.

Que je ne croie pas...? Et tu pleures!... Allons, allons, Keller, il ne faut pas faire le malheur de ce que nous avons de plus cher au monde. Confiez-nous Herman, il voyagera avec nous.

Avec vous? Eh bien., par exemple !...

FAVILLA, après une pause, à Keller.

Vous ne voyez donc pas? vous ne comprenez donc rien?...

KELLER

Si fait! mais...

HERMAN

Mon père!...

Anselme l'interrompt en lui saisissant le bras avec autorité. FAVILLA.

Keller, je vous devine! (a Anselme, qui veut parler.) Tais-toi! Vous êtes tous des enfants ! Vous vous imaginez qu'il y a des obstacles... (souriant) invincibles! n'est-ce pas? Ah! Keller, vous me jugez par vous-même ! voiis croyez que vous ne pouvez pas prétendre... parce que je suis baron, parce que je suis riche?... Pourquoi donc ça? Je'ne suis pas plus noble que vous,'et, quant à la fortune... si j'en ai davantage... oui, il^Daraît que ma baronnie vaut mieux que votre commerce, vous le dites quand vous êtes de bonne humeur; eh bien, tant mieux, votre fils n'aura rien à envier au mien ! et sachez que c'a été mon idée dès le premier jour que je l'ai vu. Oui, oui 1

et, chaque jour depuis, je me suis dit : « Voilà celui que la loi désignait pour succéder à mon ami ; le ciel l'en a rendu digne. S'il est agréé de ma fille, de ma femme... »

ANSELME

Mon père, la voici ; consultez-la, au moins.

Il court à sa mère, qui entre, et JnlieUe aussi.

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