‹ Théâtre completChapitre 67 sur 146 · SA11AH · texte numérisé non relu

SA11AH

Vous vous sentez donc bien coupable ?

GÉRARD

Non, pas beaucoup ! mais je vous sais très-irritée, puisque vous n'avez pas daigné répondre à mes lettres. Jai tort, puisque vous êtes ofiensée. Pardonnez^moi , puistiue je me montre si impatient de rentrer en grâce.

Il s'assied ou l'ace d'elle.

Vaus prenez tout cela fort légèrement, je le vois. N'attachez donc pas trop d'iiuportance au pardon que je vous accorde.

GÉRARD

Ah! mais si! Je \eu\ qu'il soil réel et cordial. Ou'ai-je donc lait (le si atroce? Voyons, diles! .\i)i'ès l'accident du chalcl, qi.n nous avait lous mis en émoi pour le reste du jour, NOUS \()iis èlcs arrangét; Ircs-pcrlidcinent (-t trèscruelliMucnt [lour ([uillcr le [ia\s ,-ans (pie j'aie pu vous voir...

SARAIl.

J'ai évité une explication qu'aujouiu'liui je ne vous permets pas de demander. Du moment ipie vous croyez ne pas avoir de torts envers moi, n'en parlons [)lus.

Elle porte sur la table les lettres et les cartes. GÉRARD se lève et la suit.

Ah! si fait! parlons-eu. Je suis léger tant que vous voudrez, mais... lih bien, non! je ne suis pas léger, je voudrais .'être; mais, quand il s'agit de vous... de vous, Sarali, que j'aime et respecte depuis que je me connais, cela est impossible. Voyons, grondez-inoi beaucoup, j'aime mieux ça. Dites vos griefs. Ètes-vous aristocrate à ce point de vous croire perdue, pour avoir diné sur l'herbe en compagnie d'un pau- •yre hère...

FLAMINIU IW

SARAH

Non! mais, si ce pauvre hère, comme vous l'appelez, n'avail pas eu plus d'esprit et de cœur que vous n'eu eûtes ce jour-là, vous m'exposiez, vous me livriez à ses insultes.

r.lÎRARD.

Ses insultes ! N'étais-je pas là?

Outragée par vous, je ne me fusse pas sentie vengée par vous.

GÉRARD

Ah ! vous êtes cruelle, Sarah! Savez- vous que votre amertume me ferait croire...?

SARAH

Quoi donc ? Dites !

GÉRARD

NonI je ferai mieux de me taire.

SARAH

Olil je comprends de r-este ! Eli bien, si cola était? si cet homme m'avait semblé aimable, si je l'avais écoulé avec plaisir?...

GÉRARD

Serait-il possible ?

SARAH

Si c'était possible, j'en rougirais probablement vis-à-vis de moi-même; mais vous auriez à en rougir devant moi et plus que moi !

■ Elle remonte à la cherninée.

GÉRARD

Eh bien, c'est vrai. Si je le croyais, j'en serais si humilié!... si malheureux!... mais, comme c'est impossible...

SARAH

Ah çà! m'apporlez-vous des nouvelles? ma sœur vous at-elle écrit récemment? Je suis inquiète d'elle.

Ah! elle ne vous écrit pas? Diable I

us THICATRE COiMPLKT DE GEORGE SAND

SAKAII.

Vous eu êtes donc inqiiicl aussi?

GiiiiAitn.

De sa santé? Non, je viens de la voir. J'arrive de Chambéri.

H reiiiDiile.

SARAII, s'asseyant sur lo canapi'.

Vraiment! Alors, diles-moi donc vite pourquoi elle y reste si longleaips; c'est toujours la passion de la chasse?

GKRAUD, delioul près île la c.hciriinri\

Non, c'est... c'est autre chose; et, si j'étais pressé de vous voir, c'est aussi à cause de cela. N'oyons, permeltez-nioi de vous reparler de cette [)onHne de discorde tombée entre nous, du signor Flaminio, cet homme de canir et cVesprit, selon vous, dont j'ai à vous donner des nouvelles.

SAKAH.

Je ne vous en demande pas.

GÉRARD

Ah ! vous en avez?

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