ACTE I ]G
Lamoureux viennent de jouer. Vous n'étiez pas là ? Il m'a semblé vous apercevoir, en haut, derrière un pilier.
. MAHÉ, nienlanl maladroiiemeiiL
Non... J'étais à Saiut-Cloud... dans ma petite maison... Figurez-vous que ma bonne a renversé une bouteille d'huile sur un tapis... un tapis auquel je tiens beaucoup. Or, ma femme...
THÉRÈSE, Vobservanl, J'aurais parié vous avoir vu.
MAHÉ
J'étais à Saint-CIoud.
THÉRÈSE
C'est dommage. Cela vous aurait fait plaisir, d'assister au triomphe de mon mari.
MAHÉ, vivemcnl.
Il paraît qu'on a sifflé le second morceau.
THÉRÈSE, même jeu.
C'est fauxl II y a eu des altercations au promenoir, mais on n'a pas sifflé. D'ailleurs, qui a pu vous renseigner ? Le concert vient de finir.
MAHÉ
J'ai rencontré quelqu'un.
THÉRÈSE
Je serais curieuse de savoir qui.
162 UNE VIE SEC H El E
MAHÉ, évasivement.
Vous ne connaissez pas.
THÉRÈSE
Au fait, c'est peut-être pour parler à mon mari de sa symphonie, que vous êtes venu ?
MAHÉ, effrayé.
Non... non... Je ne veux pas le voir... Il n'est pas là, n'est-ce pas?.. îl ne va pas entrer tout à coup ?
THÉRÈSE, riant.
Rassurez-vous !
MAHÉ, grommelani.
Peuh!... Je n'y songe pas, à sa symphonie... Je n'en vendrais pas dix exemplaires !
THÉRÈSE
Chénevière compte sur un gros succès de curiosité.
MAHÉ
Nous verrons.
THÉRÈSE
D'ailleurs, l'affaire n'est pas encore conclue. Mon mari est décidé, cette fois, à se montrer exigeant.
MAHÉ
Il l'a toujours été.