ACTE III
LA FILLE RALUD et LA FILLE JACQUEROD,
ensemble.
La fille Balud: C'est ça I
La fille Jacquerod : Une gaillarde î
(Les couples se préparent à danser la gaillarde.)
RiBiERS, bas, à la vieille Ralud.
J'te promets qu'elle la dansera I Et avec le Bienheureux, encore! Tu vas voir. {Au Bienheureux.) Hé, Bienheureux, y a deux sous de tabac pour toi, si t'es obéissant.
LE BIENHEUREUX, tendant la main.
Ta... ta... tabac I... Tabac I
LA VIEILLE RALUD
Minute. Ecoute d'abord.
RIBIERS
Tu vas danser c'te gaillarde avec la Claire.
LE BIENHEUREUX
Ouai... ouai...
RIBIERS
T'as compris?...
LE BIENHEUREUX
Ouai.
LA. VIEILLE RALUD
Et de la poigne, hein ? Elle criera, elle se tortillera... La lâche pas.
LE BIENHEUREUX
Ta... ta... tabac I
RiBiERS, lui donnant du labac.
Le v'ià, ton tabac.
(Le grand Balmaz attaque une gaillarde. Les deux couples dansent; après quelques mesures, Pierre et Jeanne qui se trouvent au premier plan gauche se mettent à danser. Le Bienheureux va vers Claire qui est adossée à la porte d'entrée et Fentraîne brutalement dans la danse, au milieu des rires et des cris de Joie.)
CLAIRE, se débattant.
Laissez-moi !... Lâchez-moi I
(Le Bienheureux lui tient les bras et lui fait traverser toute la scène.)
CLAIRE, dans un cri.
Pierre !
Pierre, accourant.
Veux-tu la lâcher ! (Il envoie rouler le Bienheureux à terre.) Ramasse-toi, galeux !
le bienheureux, se relève en geignant.
Heu... Pourquoi qu'elle danse... heu... heu... ja... jamais... avec moi?
PIERRE, touché.
C'est vrai. Pourquoi es-tu si dégoûtée? (Au Bienheureux, lui tapant amicalement sur la tête.) Va boire un coup, toi.