ACTE II
silence.) C'est d'ailleurs exact, ce que vous venez de dire. Il y a des maniaques de l'injustice. J'en ai connu un, autrefois.
PRÉFAILLES
En Afrique ?
ROUGÉ
A la Côte d'Ivoire.
PRÉFAILLES
Ah, vous avez habité la Côte d'Ivoire ?
ROUGÉ
Oui.
PRÉFAILLES
Moi aussi.
ROUGÉ
Le littoral ?
PRÉFAILLES
Le littoral...
{Un silence^ Bougé l'observe.)
ROUGÉ
Vous étiez déjà dans l'administration ?
Depuis plusieurs années. J'arrivais du Tonkin. On m'avait offert la résidence de Grand-Bassam.
ROUGÉ, en proie à une émotion qu^il cherche à dissimuler.
La résidence de Grand-Bassam... Serait-il indiscret de vous demander vers quelle époque ?
198 ^1 L'OMBBE DU MAL
PRÉFAILLES
C'était entre 90 et 95. (Un silence. Rougé le regarde avec une expression de slupeur, pais de haine intense,) Et vous ?
ROUGÉ, se maîtrisant.
Même époque.
PRÉFAILLES
Vous n'étiez pas encore fonctionnaire ?
ROUGÉ
Non... pas fonctionnaire.
PRÉFAILLES
Vous voyagiez ?
ROUGÉ
Je... oui. (Sortant une note de son portefeuille.) Je n'avais pas pu déchiffrer votre signature, sur la note où vous m'annonciez votre arrivée.
PRÉFAILLES
J'ai grifToaué ces lignes dans l'obscurité.
C'est bien Préfailles qu'il faut lire ?
PRÉFAILLES
Oui.
ROUGÉ
Préfailles ! C'est un nom que je n'ai pas oublié.