‹ Théâtre complet (volume 4)Chapitre 120 sur 138 · ROUGÉ, LWLMAMY, UNE CAPTIVE · texte numérisé non relu

ROUGÉ, LWLMAMY, UNE CAPTIVE

(Au moment oii Rougé va rentrer chez lui, VAlmamy paraît sur le seuil de la véranda^ Il est sourdant, affable. Une captive le suit, porteuse d'une calebasse de riz et de six poulets.)

ROUGÉj avec rudesse.

Qu'est-ce que tu veux, Almamy ?

L^ALMAMY, entrant et saluant.

Te remercier, ô généreux ! Grâce à toi, mon ennemi est abattu. Je ne dis pas que je n'aurais pas mieux aimé le voir sur une croix, à l'entrée du village. Mais la chicotte, c'est bien aussi. Avant six mois, il ne pourra pas sortir de sa case. Ses partisans vont devenir les miens. Et je lui rachèterai quelques femmes à bon prix. (Riant.) Que ferait-il d'un harem, à présent, ce bœuf écorché ? (Faisant signe à la captive qui présente les cadeaux.) Commandant, accepte ce riz et ces poules. C'est un am.i, un sûr ami qui te les offre.

LA CAPTIVE, faisan! claquer sa langue, Yam^ Yam !

ROUGÉ^ avec une colère sans éclats.

Ecoute-moi bien, Almamy. Si dans dix secondes, toi, ton riz, tes poules et ta bonne femme n'avez pas disparu, je te fais fustiger. Tu as compris? (La captive qui a compris la première, se sauve en courant, L' Almamy reste immobile, les traits figés dans une grimace de surprise. Rougé répèle.) Tu as compris?

l'almamy

Parfaitement. (Il sort et s'éloigne, aussi vite que sa dignité le lui permet. A dislance, se retournant, geignard.) Non, je n'ai pas compris! Qui comprendra jamais les manières des blancs ?

(// disparaît à droite, Rougé rentre chez lui.)

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