ACTE III
puis traverse el vient gratter à la porte de Mme Le Cormier.)
MADAME LE CORMIER^ entr'ouvrant la porte. Qui est là?
FATiMATA, timidement.
C'est moi, Fatimata... L'épouse de Maélik peutelle encore entrer ici ?
MADAME LE CORMIER^ Venant à elle.
Certes, Fatimata. Mon mari et moi sommes étrangers à ce qui s'est passé aujourd'hui. Je tiens à ce que Maélik le sache.
FATIMATA
Il le sait... Autrement, m'aurait-il envoyée vers toi?
MADAME LE CORMIER, baS,
Que puîs-je faire pour lui ?
FATIMATA, à genoux devant elle, pleurant.
Ah ! maîtresse, mon chef, qui poursuit seul vingt pillards dans la brousse... mon vaillant^ mon glorieux est étendu sur le sol, comme un lion blessé î Mon intrépide, qui regardera fièrement devant lui, quand Allahou lui enverra son ange funèbre, gémit comme une source... Il est une source, en vérité... Son corps fier est une source rouge!... Oh^ mon ami tout sanglant, mon bel arbre dépouillé de son écorce I II touche la terre pour apaiser sa fièvre,
mais la terre lui est de feu... J'ai baigné d'eau ses chairs... L'eau lui est de feu... J'ai posé sur ses blessures les feuilles fraîches du dioubabé... Rien n'a pu calmer ses souffrances... Alors, il m'a dit : « Fatimata, va trouver la femme blanche... Elle connaît les remèdes... Elle seule peut me soulager... Supplie-la de venir. »
MADAME LE CORMIER, Se levaJlL
J'irai... J'irai certainement.
FATiMATA, lui baîsanl la main.
Merci, ô très honorée. Qu'Allahou te récompense î
MADAME LE CORMIER, réfléchîssanL Seulement...
FATIMATA
Quoi, maîtresse ?
MADAME LE CORMIER, baS,
Ecoute-moi bien, Fatimata... Personne, au village, ne doit savoir que je suis allée chez vous.
FATIMATA
Pourquoi, maîtresse?
MADAME LE CORMIER, même JCU.
Parce que si notre chef apprenait que j'ai soigné l'homme qu'il vient de punir... il serait en colère contre mon mari... Peux-tu comprendre cela?
FATIMATA
Oui, maîtresse, j'ai bien compris.