ACTE III
LE MÉDIUM
Evidemment. Vous ne faites que tourner autour de la table, tâter nos bras et soupeser nos mains. Comme vos fluides sont contraires, Samiri le sent et il s^en va. Ce n'est pas la première fois. Vous mettrez en fuite chaque esprit supérieur qui viendra à cette table.
LE PHARMACIEN
Vous voudriez me voir prendre le même chemin que les esprits supérieurs, n'est-ce pas ? Mais laissez-moi vous dire que ma présence est la meilleure garantie de la sincérité de vos expériences. Vous devriez me remercier de vous contrôler. N'est-ce pas, chère madame Paturon?
^me PATURON
Sans doute. Pourtant, ne vous approchez pas trop de la table. Si vraiment vos fluides sont contraires, il est possible que vous influenciez l'esprit.
LE PHARMACIEN
Des fluides? Mais je n'en ai pas! Je n'en ai jamais euî Je n^ai que mon intelligence et mes deux yeux. Si l'on m'empêche de m'en servir... il n'y aura plus d'expériences; il y aura des tours de passe-passe I
LE MÉDIUM, furieuse.
Tours de passe-passe ?
LE PEINTRE, concîUant, Allons, ne recommencez pas à vous disputer ! Nous perdons un temps précieux. (A la Secrétaire.) Que Madame veuille bien nous lire la fin du
message. Car j'avoue que depuis le Pharaon, j'ai perdu le fil.
^jme PATURON
Reprenez un peu plus haut, chère amie.
LA SECRÉTAIRE, lîsant,
« Il faut faire la paix dans vos cerveaux. Mme Paturon fera la lumière des hésitations humaines. L'esprit domine la matière. L'âme n'a pas d'âge. »