ACTE IV
facile, de tout mettre sur le compte d'un malheureux cigare... qui n'a même pas existé !
(On sonne. Le Domestique sori. Le Peinire entre du fond,)
LE PEINTRE, la main tendue.
Quel malheur, mon bon ami ! J'espère que les dégâts ne sont pas trop considérables ?
l'homme Penh... Quelques meubles, des bibelots, des tentures... C'est remédiable.
LE PEINTRE, Confidentiel, Vous savez que le feu a pris dans des conditions très mystérieuses...
l'homme
Je ne sais que ce que Gustave m"a raconté.
LE PEINTRE
La chambre fermée à clef depuis la veille... La clef dans la poche de Gustave. Donc, impossible que personne soit entré... (A V oreille.) Vous avez eu affaire à une force basse !
l'homme Vous croyez ?
LE peintre J'ensuis persuadé.
l'homme D'ailleurs, cet accident ne m'a pas trop surpris.
Comment cela?
l'homme C'est curieux. Il y a trois uuits, j'ai rêvé que le
sol brûlait autour de moi. J'étais assis dans un fauteuil d'osier, sur une terre brune et visqueuse que le feu consumait lentement... Des fumerolles montaient avec des étincelles et des ruisseaux de cendre et de braise crevassaient la terre.
LE PEINTRE, soleunel.
C^était un avertissement que vous envoyait une force lucide. Vous auriez dû aviser, faire sur^'eil- 1er la maison.
l'homme
J'étais trop las pour m'en soucier.
LE PEINTRE
Comment vous étes-vous porté, à Villers ?
l'homme Assez mal.
LE PEINTRE
Il ne vous est rien arrivé... d'anormal ? l'homme
Puis-je encore distinguer le normal de l'anormal? Je vis comme dans un brouillard, dans un nuage traversé de lueurs.
LE PEINTRE
Avez-vous eu des phénomènes ?
Oui.
LE PEINTRE
Des matérialisations?
l'homme
Pendant tout ce mois, j'ai entendu frapper des coups derrière les cloisons, sur les pavés, dans les