‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 165 sur 169 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

être vos caractères qui ne s'accordent pas ou bien la position qui veut ça.

LAFONT

Quelle injustice ! Votre mari ! Il n'a jamais eu que deux amis en ce monde.

CLOTILDE Deux ?

LAFONT Oui, deux.

CLOTILDE Lesquels ?

LAFONT

Vous et moi. (ils rient.) Laissons de côté les autres et parlons de nous. Voyons, Clotilde, soyez sincère, est-il vrai que vous me plaisiez ?

CLOTILDE Ça, oui. Je crois que je suis à votre goût.

Une affection comme la mienne ne se rencontre pas tous les jours ; vous en tenez compte ?

CLOTILDE

Certainement. C'est bien parce qu'elle me touche et que j'en tiens compte, que j'ai supporté toutes vos tempêtes.

LAFONT Je suis bien doux d'ordinaire, bien tendre...

CLOTILDE

je ne dis pas non. Vous savez parfaitement plaire •quand vous le voulez bien, et vous trouvez quelquefois de fort jolies choses qui sont très agréables à entendre... Ce n'est pas vous qui parleriez de fusils à tme femme.

LAFONT

Qu'est-ce que cela veut dire ?

CLOTILDE

Rien. Une sottise qu'on m'a contée. Ne faites pas attention.

LAFONT, se rapprochant d'elle.

Dites-moi que vous me pardonnez.

CLOTILDE, bas.

Oui... Soyez sage, n'est-ce pas ?

LAFONT

Vous me pardonnez... tout à fait ?

Tout à fait... Ne me tourmentez pas, j'irai vous voir.

LAFONT

Bientôt ?

CLOTILDE

Quand vous le voudrez... Prenez garde, je ne suis pas seule ici.

LAFONT Clotilde !

Page 1