ACTE PREMIER II
MADAME VIGNERON Récapitulons d'abord. Mn'u de Saint-Genis ?
BLANCHE C'est fait.
MADAME VIGNERON Son fils ?
BLANCHE
Tu penses bien, maman, que je ne l'ai pas oublié.
MADAME VIGNERON
L'abbé Mouton ?
BLANCHE
Mon cher abbé ! J'aurai reçu tous les sacrements de sa main, le baptême, la communion... et le mariage.
MADAME VIGNERON
Si tu bavardes à chaque nom nous n'aurons pas fini la semaine prochaine. M. Teissier ?
BLANCHE
Le voici, M. Teissier ; je me serais bien privée de sa présence.
VIGNERON, se réveillant.
Qu'est-ce que j'ai entendu là ? C'est Mademoiselle Blanche qui parle chez moi à la première personne ?
BLANCHE
Mon Dieu, oui, papa, c'est la petite Blanche.
VIGNERON
Et peut-on savoir ce que M . Teissier vous a fait, mademoiselle ?
BLANCHE
A moi ? Rien ! 11 est vieux, laid, grossier, avare ; il regarde toujours en dessous, cela seulement suffirait pour que je souffre de me trouver avec lui.
VIGNERON
Très bien ! Parfait ! Je vais arranger cette affairelà ! Madame Vigneron, tu feras enlever le couvert de cette petite fille et elle dînera dans sa chambre.
BLANCHE
Ajoute tout de suite qu'on signera le contrat sans moi.
VIGNERON
Si tu dis un mot de plus, je ne te marie pas. Ah !
Pause.
t MARIE, après s'être levée.
Ecoute-moi un peu, mon cher père, et réponds-moi sérieusement, ce que tu ne fais jamais, quand on te parle de ta santé. Comment te sens-tu ?
VIGNERON
Pas mal.
Tu es bien rouge cependant. VIGNERON Je suis rouge ! Ça se passera au grand air.