‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 96 sur 169 · SCENE PREMIÈRE ROSALIE, MERCKENS · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE ROSALIE, MERCKENS

Entrez, monsieur Merckens. On ne se plaindra pas ici de voir une figure de connaissance.

MERCKENS, après avoir regardé autour de lui,

Oh ! oh ! l'homme de loi ne m'avait pas trompé. Ça sent la misère.

ROSALIE

Vous regardez notre nouveau logement, il n;est pas riche ? Ah ! dame ! Hier et aujourd'hui ne se ressemblent pas.

l66 LES CORBEAUX

MERCKENS

Qu'est-ce qui est donc arrivé à cette famille ?

ROSALIE

Ruinées, mon cher monsieur, ruinées, la pauvre dame et ses demoiselles ! Je ne vous dirai pas comment ça s'est fait, mais on ne m'ôtera pas mon idée de la tête. Voyez-vous, quand les hommes d'affaires arrivent derrière un mort, on peut bien dire : v'ià les corbeaux ! Ils ne laissent que ce qu'ils ne peuvent pas emporter.

MERCKENS

La maison n'est plus bonne, hein, Rosalie ?

ROSALIE Pour personne, monsieur Merckens, pour personne.

MERCKENS Pourquoi ne cherchez-vous pas une place ailleurs ?

Est-ce que ces demoiselles pourraient se passer de moi, pas plus que moi d'elles ? Je suis une bouche de trop, ça, c'est vrai ; mais je gagne bien ce que je mange, allez. Il ne faut pas penser, mon pauvre monsieur iMerckens, à déjeuner avec nous. Autrefois, quand je vous voyais venir à cette heure-ci, je savais ce que parler veut dire, vous trouviez votre couvert mis ; maintenant ce n'est plus la même chose. Je vais prévenir madame de votre visite.

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