SCÈNE VII ADÈLE, puis ARMAND
ADÈLE
Y a quelque chose, bien sûr, y a quelque chose ! On dirait que madame change son ménage. Je vais lui montrer l'appartement, au petit, il verra le reste un autre jour. (Allant à la porte de droite et l'ouvrant.)
Entrez, monsieur, entrez.
ARMAND, après avoir regardé autour de lui.
Elle va venir ?
ADÈLE Non, elle est sortie.
ARMAND Sortie !
ADÈLE
Oui, mais vous ne perdrez peut-être rien pour attendre. Madame a lu votre lettre qui a avancé vos affaires.
ARMAND
Je le crois bien. Une dépense pareille d'imagination. Je me suis fendu d'un sonnet.
ADÈLE
Quel âge pouvez-vous bien avoir ?
ARMAND Vingt ans.
ADELE
Et c'est votre seule occupation de courir après les petites dames ?
ARMAND
Je fais mon volontariat.
ADÈLE
J'ai peut-être eu tort d'aider votre connaissance avec madame ; un garçon si jeune a si vite fait des sottises.
ARMAND
Des sottises ! Je ne perds pas de vue les conseils de ma tante, une vieille douairière qui m'a élevé de très haut : « A ton âge, mon enfant, me dit-elle bien souvent, on paye... de sa personne. nn Elle a le mot leste, ma tante, comme toutes les femmes de l'ancien régime.
ADÈLE, prêtant l'oreille.
Taisez-vous un peu. On vient d'ouvrir la porte.
(Allant à la porte du fond et l'entrouvrant.) Tiens ! madame
qui rentre ! Venez ici et tenez-vous derrière-moi. Ils se rangent au fond à gauche.