‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 17 sur 85 · SCÈNE VII ADÈLE, puis ARMAND · texte numérisé non relu

SCÈNE VII ADÈLE, puis ARMAND

ADÈLE

Y a quelque chose, bien sûr, y a quelque chose ! On dirait que madame change son ménage. Je vais lui montrer l'appartement, au petit, il verra le reste un autre jour. (Allant à la porte de droite et l'ouvrant.)

Entrez, monsieur, entrez.

ARMAND, après avoir regardé autour de lui.

Elle va venir ?

ADÈLE Non, elle est sortie.

ARMAND Sortie !

ADÈLE

Oui, mais vous ne perdrez peut-être rien pour attendre. Madame a lu votre lettre qui a avancé vos affaires.

ARMAND

Je le crois bien. Une dépense pareille d'imagination. Je me suis fendu d'un sonnet.

ADÈLE

Quel âge pouvez-vous bien avoir ?

ARMAND Vingt ans.

ADELE

Et c'est votre seule occupation de courir après les petites dames ?

ARMAND

Je fais mon volontariat.

ADÈLE

J'ai peut-être eu tort d'aider votre connaissance avec madame ; un garçon si jeune a si vite fait des sottises.

ARMAND

Des sottises ! Je ne perds pas de vue les conseils de ma tante, une vieille douairière qui m'a élevé de très haut : « A ton âge, mon enfant, me dit-elle bien souvent, on paye... de sa personne. nn Elle a le mot leste, ma tante, comme toutes les femmes de l'ancien régime.

ADÈLE, prêtant l'oreille.

Taisez-vous un peu. On vient d'ouvrir la porte.

(Allant à la porte du fond et l'entrouvrant.) Tiens ! madame

qui rentre ! Venez ici et tenez-vous derrière-moi. Ils se rangent au fond à gauche.

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