‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 53 sur 85 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MARIE Rien.

BLANCHE

Le vieux dont elle parle est un ami de la maison ; il Ta placée ici pour être plus sûr d'elle.

MARIE

Madame Letourneur souffre ça ?

BLANCHE

Madame Letourneur l'ignore. C'est son mari qui ne vaut pas mieux que l'autre et qui lui prête la main.

JULIENNE, à Louise qui a consulté sa montre. Quelle heure ?

Midi passé.

JULIENNE Déjà ! Edmond doit être en bas.

LOUISE

Et Gustave qui m'attend à la gare ! Nous allons à Asnières.

JULIENNE

Nous, nous allons à Nogent. Edmond trouve Nogent plus distingué.

LOUISE On s'amuse mieux à Asnières.

ÇÔ LE DÉPART

JULIENNE

On s'amuse partout. Ça dépend de l'homme avec qui Ton est.

BLANCHE, bas.

Je te dirais bien quelque chose, mais tu vas te fâcher tout de suite... Le baron... Il m'a écrit encore...

MARIE

Quelle faute j'ai faite de t'arcompagner chez cette somnambule ! C'est elle, en te prédisant un beau mariage, qui t'a mis la tête à l'envers.

BLANCHE

Le baron, m'épouser, je n'y pense guère. Si je me marie, ce qui est possible après tout, ce ne sera pas avec lui.

MARIE

Pourquoi reçois-tu ses lettres alors ?

BLANCHE

Il me plaît beaucoup, M. de Saint-Etienne. Quel âge lui donnes-tu ?

MARIE Cinquante ans.

BLANCHE

Quarante ans. Peu importe. Il est jeune encore et il a grand air. Il m'écrit des lettres très sérieuses qui me font plus de plaisir que si elles étaient passionnées. Une fille comme moi, que la vertu n'amuse pas toujours, ne pourrait pas trouver un meilleur ami.

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