‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 55 sur 85 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

JULIENNE Ou bien ton monsieur de la Bourse ?

LOUISE Taisez-vous donc ; c'est le général !

CLARISSE

Sont-elles méchantes et jalouses ! Venez-vous, Blanche ? je vous attends.

BLANCHE, se levant.

Me voici. Je vous écoute.

CLARISSE

Regardez-moi, Blanche, et répondez-moi franchement. Êtes-vous toujours sage ?

BLANCHE

C'est là ce que vous vouliez me dire ?

CLARISSE Répondez.

BLANCHE Oui, je suis toujours sage.

CLARISSE Pourquoi ?

BLANCHE Mais c'est que cela me plaît mieux sans doute.

CLARISSE Assurément. Une jolie fille comme vous, si elle

». • vers

f BIBLIOTHECA

IOO LE DEPART

voulait prendre quelqu'un, le trouverait tout de suite, et quelqu'un de très bien. Vous êtes charmante, le savez-vous ?

BLANCHE Peut-être.

CLARISSE

C'est drôle. Quand je suis partie d'ici, je pensais que vous en feriez bien vite autant. Je m'attendais tous les jours à vous rencontrer, au théâtre, aux courses, à Trouville ou à Monte-Carlo... Vous vous trouvez donc bien heureuse ? Le travail ne vous ennuie pas ?

BLANCHE

Quelquefois. (S'éloignant.) Le dimanche, quand il est pressé.

CLARISSE, la retenant.

Attendez, je n'ai pas fini. Si je connaissais un garçon charmant, jeune, beau, riche, vous ne voudriez pas dîner avec lui ? Je serais là, bien entendu, et mon amant aussi.

BLANCHE

Non.

Elle la quitte.

CLARISSE

A son aise ! Ce que j'en faisais, c'était pour elle !... Il y a quelque chose, bien sûr, qui la retient dans cette maison. Est-ce le père ? Est-ce le fils ? Peut-être

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