SCÈNE NEUVIÈME II
Oui. Il est pris, le pauvre garçon, tout à fait pris, et c'est une de vos ouvrières, mademoiselle Bienvenu, quia fait le coup. André me demandait mon consentement pour 1 épouser.
MADAME LETOURNEUR Est-ce vrai, André ?
ANDRÉ Oui, ma mère.
MADAME LETOURNEUR Est-ce sérieux au moins?
ANDRÉ Oui, ma mère.
LETOURNEUR
Qu'est-ce que vous dites de ça, madame?
MADAME LETOURNEUR
Que voulez-vous que je dise ? Si André aime cette jeune f'ilé et si elle est honnête, comme je le crois, ni l'âge de l'un, ni la position de l'autre, ne m'empêcherait de les marier ensemble. Tu pouvais plus mal choisir, mon enfant : elle est charmante, Blanche, charmante, très bien douée, d'un instinct très sûr, et le seul monde où elle puisse être déplacée, c'est le sien. Bien entendu, la chose est assezgrave pour que nous prenions le temps d'y réfléchir ; mais je suis très heureuse que mon fils, en rencontrant une personne de petite condition, à son goût, ait songé à l'épouser plutôt que d'essayer de la séduire.
Il8 LE DÉPART
LETOURNEUR
Vous êtes une folle, madame, et votre fils est unniais? (Passant devant elle.)Va faire tes malles ; tu partiras aujourd'hui même. Vous entendez ce que je lui dis ? Il partira aujourd'hui même. Je voulais depuis longtemps t'envoyer en Angleterre ; Paris ne te vaut rien en ce moment ; je fais d'une pierre deux coups, c'est l'acte d'un bon commerçant. Va faire tes malles.
André se jette dans les bras de sa mère qui l'entraîneavec elle.