SCÈNE VII MICHEL, DE LA ROSERAYE
DE LA ROSERAYE
Voyez ce que vous faites ; vous criez chez moi comme un homme qu'on égorge, et vous appelez sur des débats déjà très pénibles l'attention de personnes qui doivent y rester étrangères... Vous ne m'écoutez pas.
MICHEL
C'est votre demoiselle qui vient d'entrer ?
DE LA ROSERAYE
Oui, c'est ma demoiselle. Acceptez ce que je vous propose. Prenez ces trois mille francs aujourd'hui. Je vais faire mes calculs, relever les sommes de toute nature que j'ai dû avancer pour l'exploitation de votre procédé, et établir aussi vite que possible la part qui vous revient très légitimement. Est-ce entendu ?
MICHEL
Monsieur de la Roseraye, savez vous le bruit qui. court sur vous ?
DE LA ROSERAYE
Non, et je ne veux pas le savoir.
Je vais vous le dire tout de même... Il paraît que., vous êtes ruiné.
DE LA ROSERAYE
Ah ! Et vous venez vider la maison avant qu'elle tombe.
MICHEL
Mais on a bien le droit de réclamer son dû, quand on ne prend rien à personne.
DE LA ROSERAYE
Admettons que je sois ruiné ; ce que vous avez alors de mieux à faire, c'est de prendre les trois mille francs.
MICHEL
Non, je vous les laisse. Ils vous sont peut-être nécessaires et moi je trouverai moyen de m'en passer... Si vous aviez besoin quelquefois d'un camarade, bien portant, pas trop bête, la tête près du bonnet, -c'est vrai, mais qui en vaut quatre comme lui à la besogne..., je vous la demanderais bien en mariage.
DE LA ROSERAYE
jQui ? Ma fille ?
MICHEL
Dame ! oui ! Je ne suis pas un joli cadeau à faire à une femme, c'est ce que vous pensez?
Je 'ne pense pas cela.
MICHEL
Oh ! ne vous gênez pas. MUo de la Roseraye, l'épouse de Michel Pauper, ce serait comme qui dirait Vénus dans les forges de Vulcain. Mais Michel